Navalon de tentadeo

Navalon de tentadeo
Navalon de tentadero. Photo de Carmen Esteban avec sa permission

mercredi 9 mai 2012

Des conquistadores à Fidel Castro


Lorsque mon épouse m'a demandé ce que je penserais d'aller une semaine durant les vacances de Pâques à Cuba, j'étais tout à fait d'accord. J'avais aussi très envie de me rendre compte par moi-même du pays. En effet, je voulais sortir des schémas d'un anticommunisme primaire, très en vogue en notre pays, on se demande bien pourquoi, ou de justifications besogneuses d'une gauche complaisante et embarrassée, on se demande aussi pourquoi. Bref, tout en étant conscient de l'insuffisance d'une semaine, dont la moitié dans un lieu hautement touristique, je voulais renifler l'air de là-bas, faisant très abusivement peut être confiance à une certaine sensibilité et une qualité de « première impression » qui ne m'a que très rarement trahi.



Donc, pour commencer, 3 jours à la Havane. L’hôtel déjà, face aux forts espagnols, en bord de baie, à l'extrémité Est du Malecon. Un ancien hôtel particulier, dirait- on ici, mais assez petit, avec en photos, les ex propriétaires espagnols. La dame cheveux courts de jais ondulés, yeux sombres, légèrement prognathe, le monsieur moustache avantageuse. L'air terriblement sévère, les deux, le regard perdu dans un vide méditatif abyssal qui n'a rien de guilleret. Partout du marbre, un escalier monumental, une hauteur sous plafond impressionnante, certainement plus de 4 mètres. La chambre vaste, très haute de plafond, bien équipée.



Formidablement bien placé cet hôtel, à deux pas du La Havane historique, au bord du vieux La Havane. Voilà, c'est donc ici, dans cette baie, près de ce vaste fort que les espagnols ont subi une défaite navale aussi éclair qu'humiliante face aux américains, en 1898, qui parachevaient la révolte des cubains eux-mêmes. Je l'avoue, cela m'a ému, car cet événement qui conduisit à la perte des derniers vestiges de l'Empire Espagnol, devait être d'une importance capitale pour le XXème siècle, espagnol, s’entend, et peut être européen.



Humiliée l'armée espagnole devait trouver ici la justification d'une trahison des politiques, mais ce n'étaient pas les politiques qui faisaient la guerre, et qui plus est, la faisaient assez lamentablement mal. Elle allait aussi trouver l'appui excessif et inconditionnel d'un roi Alphonse XIII qui aimait jouer au chef des armées, ou aux soldats de plomb, mais surtout allait bien vite s'embringuer dans une guerre coloniale, au Maroc, où les militaires  humiliés trouvaient, grâce au Roi, de mirifiques gratifications, en même temps qu'on installait l'armée comme arbitre des luttes sociales, avec les pleins pouvoirs en matière de répression.



C’est bien ici, sur ces remparts, face à notre hôtel, ancienne maison de la femme prognathe au regard dur, que naquit le substrat du « franquisme », dans son expression de répression violente légitimée, qui fut toujours son credo. Si tant est toutefois que le terme franquisme ait un sens en matière de doctrine politique, ce dont il est tout à fait permis de douter. Le franquisme peut aussi être considéré comme l’expression puissante, cruelle, implacable, version espagnole de la réaction universelle. C'est encore un autre problème.



Découverte en 1492 par Christophe Colomb, l'île de Cuba fut annexée à la Couronne Espagnole. Ceci se fit par l'entremise, c'était une manie chez les « conquistadores », de l’extermination des peuples autochtones. Les rendements des mines d'or sont très faibles alors les « conquistadores » en font une escale pour les navires chargés des richesses du nouveau Monde à destination  de l'Espagne. Nous sommes en 1515 et déjà, faute de main d’œuvre locale suite à son extermination, les Espagnols importent des esclaves.



On s'épargnera trop de détails, toutefois, comme souvent dans les peuples, son histoire, je parle de celle de Cuba, conditionne son devenir. Donc, jusqu'au XVIII ème siècle, l’Île fut un repaire de pirates qui venaient se servir aux bateaux à destination de l'Espagne, c’est la raison pour laquelle les Espagnols construisirent les imposantes fortifications. De même, avec l'aide des esclaves, on cultiva la canne à sucre et le tabac qui devinrent très appréciés en Europe. Pour mémoire, en 1762 les anglais prirent le contrôle de Cuba et ses riches plantations, et l’île fut rendue aux Espagnols en 1763 en échange de la Floride, en vertu du traité de Paris. La population de Cuba était majoritairement constituée d'esclaves africains et de colons espagnols qui arrivaient en masse.



Il se créait une bourgeoisie créole qui en grande partie fit construire les belles demeures qu'on peut encore observer, en même temps, que se consolidait une identité créole de plus en plus opposée à la domination espagnole. Au début du XIXème siècle, Cuba était le premier producteur mondial de canne à sucre et vers 1830, plus de la moitié de la population était composée par des noirs d'origine africaine, issus évidemment de l'esclavage.



Entre 1868 et 1886, de nombreuses guerres d'indépendance se déclenchèrent, sans succès, dont la « guerra chica » qui conduisit à l'abolition de l'esclavage. Cuba devait être la dernière colonie à abolir l'esclavage en 1886. Pour mémoire, la traite des esclaves était déjà interdite en 1880. L'Espagne, entre autres choses avait exporté à Cuba le « garrot vil », dont Franco devait faire un usage exemplaire jusqu'à la fin de son règne. En effet, le 2 Mars 1974, Salvador Puig Antich fut exécuté par garrot vil dans la prison de Barcelone par le bourreau officiel Antonio Lopez Sierra.  Ce fut une dernière bravade de Franco vis à vis de l'opinion publique internationale. De plus, le même jour, Georg Michael Welzel, alias Heinz Ches fut exécuté dans la prison de Tarragone. On pense qu'il s'agissait de faire diversion pour l'exécution de Puig Antich. Le bourreau inexpérimenté Jose Monero Renomo rata l'opération et Heinz Ches mit plus de 25 minutes à mourir.



La canne à sucre occupait de l'ordre de 50 pour cent des terres cultivables, mais la misère régnait à côté de l'opulence des colons ou des riches créoles. En 1892, Jose Marti qui est encore vénéré à la Havane, à l’égal du Che, reprit la lutte contre l'oppresseur espagnol et tomba au combat le 19 Mai. L'Espagne envoya des renforts et le Général Valeriano Weyler, mais s'avéra incapable de juguler l'insurrection.



Le 15 février 1998, le croiseur américain Maine envoyé à la Havane pour protéger les possessions américaines explosait. Les américains en attribuèrent la faute aux Espagnols et leur infligèrent une défaite aussi rapide qu'humiliante que j'ai déjà évoquée. Le premier janvier 1899, les espagnols remettaient les clés de la Havane aux américains.



En février 1901, la première constitution était ratifiée. Mais les américains conservaient un droit d’ingérence dans les affaires cubaines et obtenaient celui d’édifier des bases navales, dont celle de Guantanamo. Cette indépendance ne profitait certes pas au plus grand nombre et la canne à sucre était devenue la seule ressource de l’île. Les premiers syndicats ouvriers et étudiants se formèrent avec la création du Pati Communiste cubain en 1925.L’intellectuel marxiste Julio Mella fut assassiné au Mexique en 1929 par des hommes de main du dictateur cubain Machado.



De 1925 à 1933 ce Machado tenta de maintenir son pouvoir. Devant les pressions sociales, il dut s’enfuir aux Bahamas en 1933. A partir de ce moment, le sergent Fulgencio Batista mit en place ou soutint des gouvernements fantoches et fut lui-même président entre 1940 et 1944. Après la seconde guerre mondiale le parti orthodoxe aidé par la bourgeoisie progressiste aurait pu prendre le pouvoir, mais en 1952 Batista fit un coup d’État, appuyé par les américains. Ce fut une véritable dictature, tournant le dos à ses tendances populistes du début. Le pays fut vendu aux américains et l’argent profita au seul gouvernement.  La misère se consolidait.



Cuba était devenu le bordel de l’Amérique et une base extrêmement active de la mafia qui blanchissait son argent dans les grands hôtels et les casinos. Fidel Castro commença à s’opposer à ce gouvernement qu’il jugeait illégitime. Après une tentative de révolution avortée, il fut emprisonné pendant deux ans puis libéré suite à une amnistie. Il s’exila au Mexique où il connut le Che. En 1959, Cuba était libérée de ses dictateurs.




A suivre

mercredi 18 avril 2012

La faute aux jeunes au chômage en Espagne par mon ami Angel


Mon cher Angel, mon « hermanito de las Ventas »m’a permis de traduire ce texte publié récemment dans son blog. http://latrincheradeparacuellos.blogspot.fr/

Il nous avait enchanté avec son récit de sa semaine dans un club de remise en forme http://adioschulo.blogspot.fr/search/label/un%20lecteur%20%C3%A9crit

Le Roi Don Juan Carlos a longtemps joui d’un respect et d’une estime infinis en Espagne, car on pense qu’il sut mener la Transition à bien et restaurer la démocratie en Espagne.

Jusqu’alors, la presse évitait toute critique.

Depuis quelques temps, elle commence à s’intéresser à l’immense fortune qu’il a accumulée, de plus, un de ses gendres, le champion de handball, et qu’on a mis à l’abri dans une antenne de la «  Telefonica » aux Etats Unis, marié à la cadette, plutôt jolie, pas l’autre qui ressemble à mon boxer, s’est mis dans de sales draps d’indélicatesses financières, c'est un euphémisme .

Angel joue surtout très finement avec le 14 Avril 931.

Que aprovechen !







De l’accident dont a été victime D. Juan Carlos au Botswana le 14 Avril (curieux ) alors qu’il participait à un Safari d’éléphants, les responsables sont les jeunes au chômage. On ne doit pas oublier que lors de son allocution télévisée de Noel le monarque a déclaré "....qu'il ne dormait pas la nuit en pensant aux jeunes au chômage".

L’accident s’est produit à l’aube quand il trébucha sur une marche d’escalier et comme je n’ai pas mauvais esprit, j’imagine que sa majesté était réveillée faisant les 100 pas dans la chambre du bungalow du complexe résidentiel de luxe (on a calculé que tuer un éléphant vaut quelques 35 000 euros), pensant et repensant aux jeunes au chômage en Espagne.

Les medias qui ont si mauvais esprit, pas comme moi, ont aussitôt dit que ceci ou cela, que le gouvernement n’avait pas été informé, que cela avait été payé par des entrepreneurs, etc, etc, mais la seule chose qui soit certaine est que sa majesté perd le sommeil en pensant aux jeunes, à la prime de risque ( la prime de risque fait allusion au niveau d’intérêt que doit payer l’Espagne pour sa dette, note du traducteur), à son petit fils Froilan, blessé à un pied alors qu’il chassait, ( en fait la version officielle dit que l’enfant de 13 ans  jouait avec son père avec une arme de petit calibre et s’est tiré dans le pied, note du traducteur) nous ne savons pas si le gamin chassait aussi des éléphants comme son grand père, bien que je suppose que non,  car l’accident s’est produit en Espagne et ici nous n’avons pas d’éléphants, mais peut être des outardes, comme il advint à l’oncle de D.Juan Carlos, D.Alfonso le 14 Avril de l’an 1931, qui se blessa gravement avec la crosse d’un fusil, alors qu’il chassait des outardes depuis un petit avion. (j’ignorais cette histoire, note du traducteur) !

Dès lors le 14 Avril de l’an 1931 pour les Bourbons est un jour fatidique et moi, à leur place, tous les 14 Avril, je resterais à la maison et même mieux au lit. ( le 14 Avril 1931 est surtout une date fatidique pour les Bourbons  car ce fut la proclamation de la Seconde République Espagnole et le retrait du roi Alphonse XIII, grand père de Juan Carlos, note du traducteur).

Mais allons au «  turron » comme disent les « castizos ». Le roi va en safari d’éléphants, parce que la nuit il ne dort pas à cause du chômage en général et du juvénile en particulier, de la prime de risque, des restrictions qui s’annoncent en matières de santé et d’éducation, des restrictions déjà en vigueur et ainsi pour pouvoir récupérer de tant d’insomnies et de tant de méditations, il va balancer quatre coups  de fusil aux éléphants, qui nous le savons tous sont des pachydermes  capables d’une vitesse modérée, nous savons aussi, qu’au niveau des  jambes son altesse, n’est pas très performante  bien qu’elle  soit un grand sportif et comme les éléphants sont assez volumineux, c’est mieux, car je pense qu’à son âge, la vue non plus n’est pas au mieux.

Ainsi la faute  incombe au jeunes au chômage et nous devons donner du travail à ces jeunes et, ainsi,  nous éviterons que sa majesté aille en Safari et surtout qu’elle se lève la nuit.

mardi 10 avril 2012

Le révisionnisme espagnol (2)


Pour ceux que cela intéresse cet article fait suite à « le révisionnisme espagnol (1) », que l’on peut trouver à http://adioschulo.blogspot.fr/search/label/saints%20et%20maudits



Il est tout à fait évident que Vatican II, ainsi que les ouvertures prodiguées par  JEAN XXXIII et PAULVI, marquaient de façon très nette, une certaine distanciation de l’Eglise par rapport à la mythologie de la « croisade de Franco », mais également du régime lui-même. L’Eglise commençait à s’interroger sur le bien-fondé de son soutien à la dite « croisade », et les religieux, autres que la hiérarchie, surtout les jeunes, adoptaient des postures contraires à celles de vieux hiérarques, souvent eux-mêmes membres actifs du pestilentiel « national-catholicisme », qui naquit dès l’été 1936.

Ce point mérite un développement particulier. En 1967, afin d’améliorer les relations entre les différentes couches du clergé, la hiérarchie avait autorisé la tenue de synodes religieux pour que s’expriment  le mécontentement et les pétitions pour des réformes urgentes. Le pas le plus audacieux vers la restauration de l’unité et l’harmonie dans l’Eglise fut franchi en 1971, quand se réunit  à Madrid une très grande assemblée de prélats et de représentants de toutes les sections du clergé séculier et une petite partie du clergé régulier.

Ainsi sur 15449 religieux consultés, ceux de moins de 30 ans optaient à 47,2 pour cent pour le socialisme, alors que les plus de 64 ans représentaient 3,9 pour cent. Ni le communisme ni l’anarchie ne faisaient recette, les mouvements ouvriers recueillaient 15,3 pour cent de la catégorie <30 ans, et 9,7 des plus de 64 ans. La monarchie elle recueillait 3,6 pour cent des < 30 ans et 51,2 pour cent des plus de 64 ans,

Le problème de l’Eglise espagnole était une claire divergence d’opinion entre le clergé séculier jeune et les anciens. De plus, restaient encore en tête de la hiérarchie des religieux plus que compromise dans le « national-catholicisme ». Même si aucune réforme ne fut adoptée, on plaida pour la séparation de l’Eglise et de l’Etat, l’expression de pleins droits civils et d’un système politique  de « libre représentation ».  Mais de façon encore plus significative, il y eut une proposition de désapprobation du rôle de l’Eglise dans la « croisade » de 1936 à 1939 qui recueillit la majorité des votes, mais pas les deux tiers nécessaires pour figurer dans le compte rendu final. Cette proposition se terminait ainsi :  «  Nous devons reconnaître ceci humblement et demander pardon pour le fait que nous n’avons pas agi au moment opportun comme de véritables « ministres de réconciliation » au milieu de notre peuple divisé par une guerre entre frères ».

Mais aussi, cette Eglise voulait contester l’exorbitant privilège accordé à Franco, aux beaux jours du « national-catholicisme » de procéder à la nomination des évêques.

Monseigneur Taracon symbolisait cette nouvelle posture de l’Eglise, même si, en fait, il ne revient jamais réellement, sur la légitimité de l’insurrection franquiste. Il fut conspué lors des obsèques de Carrero Blanco, que l’ETA avait assassiné, en 1973 aux cris de « Tarancon, al paredon », ce qui signifie :  « Tarancon, au poteau d’exécution ».

On convient en effet que l’Eglise eut un rôle important dans le processus de transition, au grand dam du « bunker ». Cette même Eglise qui avait fourni, à partir de 1933 la masse des militants de la CEDA, se sentant menacés à la fois par les réformes de la seconde République voulant laïciser l’Etat et dans de modestes propriétés agraires, que l’on pensait menacées par la réforme agraire. Ces petits propriétaires catholiques du centre de l’Espagne, devraient fournir les rangs des troupes franquistes métropolitaines. Indépendamment évidement des troupes des intégristes carlistes, les fameux « requetés ».

Dans ce contexte, et sachant aussi  que Tarancon avait beaucoup œuvré en sa faveur, le fameux  « indulto » de la Transition peut se comprendre et favorisa, comme conséquence collatérale,  la thèse de la responsabilité partagée mais également, de façon plus perverse, celle d’une manière de parité dans le nombre de victimes de la Guerre Civile, qui étayait le discours des historiens hagiographes  de Franco,  occultant tout à fait les victimes principalement dans les années post 1939 jusqu’à 1945, dans la phase de répression la plus active et favorisée par  la guerre,  qui vit un déchaînement invraisemblable et finalement, incompréhensible, de violence et de « règlements » de comptes.

Et l’un des « secrets » de la durée de Franco, est que, par ailleurs, totalement dénué de culture ou d’esprit critique, obsédé par sa propre sauvegarde, qui se substituait à toute idéologie, si on excepte sa haine antimaçonnique ou anticommuniste, que par ailleurs il confondait de façon parfaitement infantile, il ne considéra jamais que la guerre fût terminée.  Il portait de façon extrêmement efficace la conviction absurde  du clivage entre les bons et les mauvais espagnols.

Efficace, pourquoi ? Elle servait des intérêts parfois contradictoires, dans son camp, et lui qui ne doutait jamais de la fragilité de l’homme devant certains arguments sonnants et  trébuchants sut parfaitement assurer sa propre survie. Ainsi, le sens de ses différents gouvernements  fut de ménager chacun en son moment l’un des trois piliers du franquisme, à savoir : la phalange, l’église ou l’armée toujours omniprésente.

Ce clivage forcené entre les « bons » et les « mauvais » espagnols était simplement une conséquence de la certitude pour Franco que la guerre continuait.

La fin du règne de Franco, pour simplifier à partir de 1970 fut à bien des égards pathétique. On fusillait encore ou envoyait au « garrot vil » histoire de signifier que rien ne changeait. Même si de plus en plus les oppositions prenaient corps que ce soit dans les universités ou les usines, et ce malgré les « syndicats verticaux » phalangistes.

Les générations se suivaient et les fils de ceux qui avaient connu la guerre n’avaient pas toujours les mêmes certitudes. Bientôt les « petits fils » allaient prendre la succession avec d’autres interrogations et certainement d’autres exigences de vérité.

A la mort de Franco, les universitaires, historiens et sociologues  allaient pouvoir entreprendre un travail de fond, sous forme de d’études monographiques, au niveau de chaque Communidad. Il fallut tout de même attendre d’une part que la plupart des archives espagnoles puissent être accédées, au moins ce qui en restait, quand elles n’avaient pas été systématiquement détruites lors de la Transition ou après.

L’ouverture de certaines archivés, surtout les russes après la chute du mur de Berlin, mais aussi les allemandes permirent également de faire des progrès considérables dans la compréhension de cette Guerre.

On dut se résoudre à admettre que les chiffres du franquisme, voire même ses narrations de l’Histoire et ses mythes étaient basés sur des mensonges d’Etat qui pourtant ont la peau dure.



A suivre

jeudi 29 mars 2012

mensis horribilis






D’autres problèmes m’ont accaparé, et éloigné de mon blog. JLB me comprendra. Mais bien sûr comme tout le monde depuis mon canapé j’ai reçu les dernières nouvelles de notre monde. Je n’avais nullement le goût d’écrire, j’ai toutefois lu, un peu, et regardé la télé en boucle.
Un français d’origine algérienne, de  23 ans je crois, a commis des meurtres hideux. Tout le monde connaît l’histoire dans le moindre détail, pour en avoir été submergé. Les trois séries de meurtres, dont le dernier dans une école, dépassant toutes les limites.
Je m’étais promis de ne rien en dire, pour ne pas, une nouvelle fois me faire traiter de « couille molle » de gauche, avec le soupçon, que, par mon « laxisme » ou celui des gens dont je me sens le plus proche, je  serais responsable de cette abjection.
Bien sûr, j’ai commencé par me convaincre qu’il s’agissait d’un psychopathe, isolé, un cinglé analphabète, comme malheureusement, il semble que la société en produise de plus en plus, et surtout, de façon de plus en plus précoce.
Sans qu’évidemment, on connaisse la vérité sur cette affaire, il faut laisser travailler à la fois la police, les polices et la justice. Et aussi, éviter des jugements sommaires ou des certitudes hâtives. Je remarque qu’au moins les blogs que je fréquente montrent pas mal de retenue sur ce sujet, comme s’il dépassait l’entendement, mais aussi que chacun redoutait  que derrière cette horreur se cache une vérité bien plus dérangeante, si dérangeante, d’ailleurs, que d’une certaine façon, elle pourrait effrayer. Et plus seulement parce qu’elle nous mettrait, pour certains et de façon quelque peu  schématique mais si satisfaisante, face  à un problème monstrueux  issu du problème de délinquance de « banlieue », assimilée d’ailleurs au problème des français issus de l’immigration qui nourriraient les rangs de ces troupes, directement issu, ce monstrueux problème donc, du problème de l’immigration.
Enfin, on ne peut probablement  combattre efficacement que ce qu’on connaît.  Et bien que cette histoire me révulse au plus profond de moi, il me semble qu’il faut impérativement que la Police et la Justice aillent au bout et que le « peuple » dont tout le monde se réclame ces jours ci, soit impérativement informé de toute la vérité. Je dis bien, TOUTE la vérité.
On évitera ainsi les certitudes  du type, il ne peut s’agir que d’un groupuscule d’extrême droite ou du terrorisme musulman, du niveau des parlotes de bistrot car empreintes d'un certain "bon sens" populaire, ce qui est bien un minimum, quand on est un brillant expert.
Quand on ne sait pas, la moindre des choses, -  fût –on un de ces innombrables  « experts consultants » des chaines de télé, si nombreux d’ailleurs qu’on ne voit plus en quoi leur éclairage peut être utile, et surtout, dans ce domaine, où, précisément, la rareté devrait faire le prix -  on la ferme.
Et maintenant, voilà qu’on ne sait plus que faire de la dépouille. Le père d’ailleurs a perdu une superbe occasion de se taire, pensant peut être, en père aimant, pouvoir soutirer quelques dommages et intérêts à  la France meurtrière de son fils bien aimé.
Moi, avec mon mal aux dents, j’ai entendu des musulmans dire que ce tueur n’avait rien d’un musulman, que jamais un musulman  ferait cela, et pourtant, on nous inonde des informations selon lesquelles son corps aurait été lavé conformément au rite, avant d’être enterré. Et, soit dit en passant, détaille-t-on ce genre de détail lorsqu’il s’agit d’un quidam, ou veut-on amadouer les musulmans intégristes ?
Et, cerise sur le loukoum, l’Algérie ne veut pas de lui, normal, c’est un français non ? Donc, il sera enterré en France et tout le monde semble savoir dans quel cimetière. On comprend mieux comment il ne semble pas faire de doute que le RAID ait tout fait pour le prendre vivant, car tout le monde redoutait à juste titre d’en faire un martyr . En tous cas, jusqu’à preuve du contraire, j’en suis persuadé.
Cette histoire, c’était déjà bien et voilà ce matin : 4 gamins en Normandie, assassinent un autre gamin de deux balles dans la nuque. Le jeune Alexandre 17 ans, est donc mort assis sur un tronc d’arbre. On dit qu’ils l’avaient déjà maltraité et qu’il avait porté plainte, mais aussi, qu’il voulait les dénoncer pour un misérable cambriolage.
De plus, ceci se serait passé dans un petit village particulièrement calme, et on n’a rien dit des identités des assassins. Là aussi il sera utile de savoir.
Commentaire, de ceux qu’on redoute dans le blog d’Orange :
«  C'est horrible !
Mais avec un bon avocat de la défense et un Psy qui va expliquer qu'il ils faisaient encore "pipi" au lit à 13 ans, qu'ils étaient perturbés depuis, et dans 18 mois ils sont dehors. Si Hollande passe, dans 6 mois !
De pseu - Le 29/03/2012 à 18h24 »
Voilà en tous cas qui évite de se donner la peine de réfléchir, et pourtant, quelles que soient les ignominies de ces actes, la répulsion qu’ils provoquent, une société adulte ne peut pas faire l’économie d’une réflexion approfondie, non pour s’auto flageller, mais pour affronter  une réalité sociologique dans toutes ses dimensions et responsabilités et d’en tirer les conséquences.

mercredi 15 février 2012

aliquindoi: Enhorabuena Maja


Passionné par vos échanges sur le blog, mais pour le moment très accaparé par un travail que je veux mener à bien, Lola est dans le secret, peut être jlb aussi, j’ai une nouvelle fois activé ma gitane favorite, et obtenu, comme toujours une réponse rapide, lorsqu’il s’agit de choses sérieuses comme la langue espagnole et ses dérivés ou affluents.



Voici donc ce qu’elle m’écrit :



« Je ne peux pas te répondre mais je crois que c’est alinquindoi et non linquidoi, ça m’évoque courrir, à toutes jambes, je vais me renseigner, et considère que je connais un peu de calo, logiquement, pour l’avoir écouté ou entendu, en raison de ma relation depuis que je suis enfant et par choix personnel pour les gitans.

Que se passe t’il ? Hé bien, comme c’est une langue orale, non écrite, et que ma relation en ce moment avec « mon » peuple est rare (….) je ne pratique pas fréquemment et j’en oublie certains mots : si je retournais maintenant avec eux, je récupérerais la fluidité.



Bs »



Rester sur une demi-mesure ne ressemble pas à ma Carmen. Presque immédiatement après :



« Ce n’est pas du calo, quoique cela y ressemble énormément par la terminaison en oi, c’est en fait typique de Malaga, bien que je sois certaine d’avoir entendu prononcer ce mot par des gitans. J’ai trouvé ceci, parlant de ce terme :



Pedro Gonzalez Jimenez (Espana)



C’est un mot qui à Malaga s’utilise beaucoup pour dire à quelqu’un qu’il soit vigilant et qu’il fasse attention à quelque chose. Il semble que dans le Malaga industriel du XIX ème siècle, beaucoup de bateaux anglais faisaient escale au port. Les anglais n’arrêtaient pas de dire aux dockers de Malaga : « look that do it » (regarde ce que tu fais) et de cette phrase a dérivé « aliquindoi ».



Elle me dit qu’elle a rouvert tranquillement son blog.

En tous cas, bravo Maja Lola, une fois de plus !

jeudi 9 février 2012

Vaya biruji, (pardon maja)


Putain de moine ! L'ordi me dit que nous sommes le 09/02/2012. Je n'ai pas fumé depuis le 02/01/2012. Un mois et une belle brouette. Ça devrait devenir bon ! Sans patch, sans machin à mâchouiller, sans soutien psychologique, sans kiné, sans auriculo machin, sans peercing, ni acupuncture !



J'en parlais avec une connaissance, qui me dit « oui, toi, tu ne fumais pas ». « Oui, c'est vrai, ai je répondu, certains jours, rares, moins de 3 paquets, mais certainement, toujours, plus de 2 ». C'est peu en effet !



Maintenant, entendons nous bien ! L'envie de tabac subsiste. Car fumer, peut parfois, être un vrai plaisir, et je parle uniquement de substances « licites ». Mais en même temps, il me semble que ce n'est pas comme la dépendance médicamenteuse, qui est la seule, avec le tabac que j'aie approchée, dans le sens où je n'ai jamais ressenti la moindre privation physique, au moins, quasi insupportable, mais plutôt des réflexes de gestuelle, mais jamais, au moins jusqu'à présent, la moindre angoisse.



Mais Nom de Dieu !, des cigarettes il y en avait de fameuses. Pour moi, celle du lever, pendant que la cafetière chauffait, puis d'autres aussi.



En même temps, et heureusement pour moi, ou pour mon sevrage, la récupération pulmonaire est spectaculaire. Respirer à fond était devenu un plaisir impossible, qui s'achevait en quinte de toux. Donc, lorsque me vient le regret du bon tabac blond ou brun s'il faut, je pense aussi à cela , et ça aide.



L'hiver qui s'installe enfin avec le froid et un peu de neige, pour le moment, est propice à la paresse contemplative. Maintenant Georges, le rouge gorge de mon jardin est présent dès la pointe du jour, son plumage tout gonflé de froid. Il aime être seul et vient parfois jusqu'au seuil de la cuisine où je prends mon petit déjeuner. Il me semble qu'il incline sa tête comme pour mieux me voir. Bientôt les escadrilles de moineaux vont débarquer. Georges partira avec dignité. Les gros merles au sol, picoreront les graines tombées depuis les trois mangeoires prises d'assaut par ces putains de piafs. Bientôt viendront les bergeronnettes, je crois, un pinson des jardins et des verdiers.



Alors je passe aussi plus de temps sur mon mail et un ami d'Internet, me parlant du froid en Espagne, et plus particulièrement à Séville, me faisait part de son interrogation sur l'expression qu'il avait entendue ou lue : « Vaya biruji ! » selon toute vraisemblance en relation avec le froid. Je promis de me renseigner auprès de mon tandem madrilène : Angel, le vaillant « coronel » et Carmen, ma chère Condesa, ma gitana rayana. Ceux qui seraient intéressés par la relation de nottre première rencontre pourront aller lire:
http://adioschulo.blogspot.com/2010/11/ce-duende-quon-assassine.html
mais aussi:

Donc, envoi d'un Mail aux deux le 6/2 au soir. Le 7/2 au matin, réponse d'Angel à 11h26, Carmen en copie  : « Querido hermano gabacho »

L'espression « Vaya Biruji !» je crois (sauf si Carmen dit le contraire) qu'elle est typiquement madrilène et signifie, Quel froid !



Autrement dit, quelque chose comme « Çà caille » ou « On se les gèle ».



Pour répondre si vite, j'imagine que le forban Angel, « callejero » impénitent de Madrid, doit être bloqué par les froids sur les hauts de Paracuellos, de si mauvaise mémoire, où il habite. Et là bas, sur les hauteurs, « Vaya bijuri », au moins en hiver 3 ou 4 degrés de moins qu'a Madrid. Il m'arrose et quelques autres de mails vengeurs sur la famille royale espagnole. Jusqu'ici, tout le monde gardait un silence gêné sur les biens amassés par la famille royale espagnole, qui démontreraient, de la part du Roi Juan Carlos et de la Reine Sofia un sens prononcé des bonnes affaires, car à son accession au trône, le Roi n'avait pratiquement plus de fortune propre. Donc, il nous envoie de fort méchantes caricatures, surtout depuis qu'un des gendres, l'ex handballeur et époux d'une des filles du Roi, pas celle qui ressemble à un pitbull, non, l'autre, plus jolie, se serait fait prendre la main dans un gros pot de confiture. Ça le ravit ça, mon « hermanito » républicain pure laine.



Le même jour, 13h45, Carmen montait vaillamment au «quite ».



« Je suis d'accord avec le Coronel, je ne crois pas que cela vienne du « calo »(note du traducteur : calo = argot gitan) quoique la terminaison en i soit très gitane, et je crois qu'il s'utilise au pluriel, « birujis », car lorsqu'on le prononce, on allonge le « s », « birujisssssss », est un terme purement madrilène, Chulo, de l'argot, et Madrid, au cas où tu l'ignorerais possède un argot propre qui s'appelle « el caliente », « puchar » en caliente, et à ce sujet, « el Coro » en sait plus que moi, car il est né sous la tireuse de bière du bar Puerta Grande, selon toutes mes investigations.

Moi, pour couper les cheveux en quatre, je traduirais « birujis » plus par vent que par autres choses, par air, air froid, évidemment, car si je ne me trompe pas, le mot a aussi à voir avec le visage, de l'air froid sur la face, et on a coutume de l'utiliser quand tu changes d'endroit de température supérieure pour passer à une autre inférieure, comme quand on sort dans la rue. Sur le Mont Blanc, « gabacho mio », je crois bien que personne pour définir le froid dise « birujissss ».

Bs, Hermanos en el Senor »



Angel utilise un « castellano » très net, posé et assez économe d'effets. Cela se sent dans ses écrits. Carmen est bien plus prolixe et torrentielle. Parfois, sa langue si sophistiquée, « rayana » des gens proches de la frontière portugaise, me rend un peu fou, et met dans le vent mes dictionnaires. Mais il y a toujours dans son écriture une grande élégance et en même temps quelque chose de pulpeux qui me ravit.



«  Chère et admirée Carmen, comme toujours, tu as mis le le doigt au point exact de la relation au vent, et ce terme s'utilise habituellement quand l'air est froid.

Une nuance tout de même, quand j'étais enfant, le bar « Puerta Grande » n'existait pas, et en ces lieux, il y avait un marchand de fruits et un magasin. Mais il y avait la « Casa Conrado », qui occupait l'endroit que « El Albero » occupe actuellement, en face de « Puerta Grande » et c'est ici qu'en compagnie de mon grand père et de mon père a débuté mon « aficion ». J'ai commencé en culottes courtes évidemment.

Et maintenant pour « el hermano gabacho » quelques mots en « castizo » :

Foulard au cou : Safo, (il parait que ce serait français, note du traducteur après une conversation avec le « callejero », au secours Maja Lola !

Chaussettes : Picantes,

Chaine d'argent de l'oignon : Tralla,

Gilet : Chopin,

Pantalons : Alares

Tu sais déjà que le « castizo » est un mélange de langage populaire et de langage carcéral. »



Il fait moins froid, je me demande si un jour je saurai parler et écrire l'espagnol, ce qui par ailleurs, pour d'autres, ne devrait pas avoir la moindre importance. Ma chère Maja a confirmé l'analyse de mes fins linguistes. Tout va bien.



L'espagnol est une langue qu'il faut respecter.