Navalon de tentadeo

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Navalon de tentadero. Photo de Carmen Esteban avec sa permission
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lundi 14 septembre 2015

Au nom du père.


Ce fut un week end taurin de rève. Non aficionados s’abstenir. Hommes de préjugés tels que moi, faites  amende honorable. Et simplement regardez.

Les « toristas » d’autant plus virulents qu’ils sont jeunes et bons plumitifs, tiennent à se distinguer du «  vulgum pecus » ignare par leur vision acérée, disons cérétane, anciennement  vicquoise de la corrida. Il est des tabous : Prieto de la cal, pur Veragua, je me marre, Cuadri « sang unique » alors que c’est un patchwork indescriptible, et que si on m’agace je décrirai. Au moins ce qu’on en sait, qui comme chacun sait est une vision édulcorée de la réalité. Les ganaderias sont des laboratoires culinaires. Les chefs gardent leurs recettes, disent ce qu’ils veulent, surtout des mensonges, et les aficionados se gargarisent de sang pur ou unique, pour abreuver leurs sillons de connaissance taurine.

Mesdames, mesdemoiselles, messieurs, j’ai le regret de vous dire que tout n’est qu’une question de sélection, qu’il y a de la caste chez le domecq, qu’il peut y avoir chez le domecq, aussi, des toros préformatés pour les figuras, ce qui fait leur succès commercial, , qu’il y a des saloperies chez les domecqs, tout comme il y en a chez les prétendus santa coloma, saltillo, veragua  et autres mignardises, mais d’un autre genre. Mais surtout que c’est le public qu’il faudrait éduquer.


Lorsque l’aficionado fait dans la pureté cela fait un peu rire, étant impur le Domecq, ( Juan Pedro bien sûr, mais aussi Parlade, Jandilla, Fuente yimbro, Pedraza, et tant d’autres). Ajoutons en un : Montalvo, si décrié.

Olivier était avec moi lors de la corrida de Cuadri. Nous espérions beaucoup, même si nous savions qu’ils étaient mal sortis à Madrid. Eliminons ce qui doit l’être et n’a rien à voir dans le débat. Castano, dévoré à la cape, inexistant ensuite, faisant la vedette américaine d’une cuadrilla qui n’en menait pas large dans son cabotinage. Bordel en piste, torero pétrifié. Il faut savoir s’arrêter quand on ne peut plus.

Robleno est le seul qui curieusement, ne se soit pas fait bouffer à la cape. C’était de bon augure à ses deux toros.  Hélas il est retombé dans ses travers rédhibitoires : demis passes, pico, en précisant que se croiser en allant chercher la corne opposée avec le pointe de la muleta, alors que l’autre bout de la muleta est derrière la fesse, puis tendre le bras en travers, équivaut à se décroiser (sic, Olivier).

Ledesma a fait ce qu’il a pu : son denier était un os au comportement étrange : on a supposé, défaut de vue, mais aussi toréé, bref, une saleté.

Ceci dit, ces toros étaient même mansos,  du style , mala casta, sujet tabou, pour les cuadriphiles. Bon disons mauvaise corrida qui plus est mal lidiée, mal toréee,  je veux dire que sans avoir été un de leurs adeptes, j’aurais aimé voir ce que Ruiz Miguel, ou Diego Puerta, voire Ostos et quelques autres auraient fait de ce type de toros qui étaient plus dans leur répertoire. Mais quand on commence par se faire bouffer dès la cape, le reste n’est pas possible car les bougres ont tout compris.

Laissons faire  Monsieur Cuadri qui ne donne pas dans la langue de bois, le tout étant de savoir dans cette mélasse de sangs pour donner un « sang unique » par sa composition étrange et préhistorique, par quel bout il pourra opérer le « rafraichissement » qui semble s’imposer, tout en admettant que lorsqu’on cherche de la caste, on s’expose à des désillusions.

Venons-en à cette corrida de Montalvo. Je n’étais pas chaud pour y aller, ce qui me valut de me faire « chambrer ». J’ai même dit que je venais pour «  JuanMora », imbécile va ! Peut être en subconscient en référence au « Mora, Mora » malgache. Je peux être abruti aussi. Ou de mauvaise foi.

Donc, voilà, je n’appréciais pas Manzanitas, je ne sais plus exactement pourquoi, trop figurita, trop top model, trop  beau, trop señorito, et je lui voyais les défauts de la fin de règne de son père, un des précurseurs du toreo moderne rectiligne. Quant à Perera !

Juan Ignacio Perez Tabernero est lié depuis longtemps à Dax, ainsi que toute la famille Tabernero. Il a emmené une corrida très bien faite, harmonieuse, élégante dans le type. Les toros sont sortis avec de beaux galops, bouillants. Mora s’est fait bouffer à la cape par ses deux toros, le reste  fut lamentable et pathétique : assassinat aux piques, impuissance du torero, nullissime. Il est venu chercher son chèque, point.

On sentait bien que Manzanares était très concentré, très dans sa corrida, comme on dit d’un joueur qu’il est dans son match, très attentif. Il sut arrêter ses toros à la cape, opposant la soie à la violence, les mettant aussi en confiance. Nul cri, j’ai horreur des toreros gueulards, un petit « rha, rha », toujours calme. C’est lui-même qui mit en « suerte » ses toros pour les piques, évitant soigneusement de les faire partir de loin. Bravitos les toros de Juan Ignacio. Piques dosées « levanta el palo » dit le jeune maestro et le picador écoute, tout ceci sans geste superflu.

Pour les banderilles, aucune passe superflue, une seule pour chaque mise en « suerte ». Une perfection de lidia étroitement contrôlée par le jeune maestro.

Ensuite, mes seigneurs, le sens du placement, de la distance exacte, une ceinture incroyable. Cours de toreo, donner du temps au toro, lui donner de la distance, et lui servir une petite série, toujours parfaite.

Je pense aussi qu’il avait établi un dialogue avec son père, dans cette plaza où enfant il  l’accompagna dans sa vuelta. Les puristes diront que la seconde faena fut mieux encore, je ne sais pas, j’étais sous le charme de cette toreria honnête, suprêmement élégante, méticuleusement juste et respectueuse dans l’attitude torera. Deux faenas, deux bijoux finement ciselés, sobres et élégants, ponctués de deux énormes estocades, dont la seconde dans un recibir fabuleux sous les yeux du ganadero.

Et encore une fois, ces toros avaient de la caste, du fond, plutôt braves, et demandaient à être toréés, c'est-à-dire qu’ils avaient du piquant, pouvaient donner des coups de tête et ne pardonnaient pas tout.  En tous cas, rien à voir avec les borregas dont les figuritas sont friands.

 Je suppose que pour un ganadero ce doit être un bonheur de voir deux de ses exemplaires entre les mains de ce Manzanares hier béni des dieux.

Le premier de Perera était probablement un grand toro, mais il se blessa  à une patte en s’emmêlant dans une cape. Il tint debout et chargea par sa race mais était handicapé. Le second de Perera fut le seul faiblard et sans grand intérêt.

On pense que très ému, et toujours en deuil de son père dans son costume noir, le fils dédia le triomphe à son père.

Ole Torerazo !

lundi 31 août 2015

Plutôt que de voir ainsi agoniser Las Ventas............


Ce week end du 22 Aout  j’avais décidé de rendre visite à mes amis de Madrid, la Condesa et  Angel Luis. Samedi délicieux, déjeuner avec ma chère Carmen, puis soirée avec Angel Luis et l’historien Grimaldos. Cette tertulia s’est achevée vers 3heures du matin, dans un bar sur une place près de Carabanchel, qui maintenant ressemble à une cocotte minute renversée. Quelle horreur !
Le dimanche tapas, canas et déjeuner a La Puerta Grande et  nous nous sommes retrouvés les 3, La Condesa, Angel au tendido 3 alto.
Angel m’avait dit, « en Aout, c’est parfois intéressant, on peut voir des toros et des toreros qu’on voit peu". Bon !
Toros de Lagunajanda, origine Salvador Domecq, 3 toreros : Lopez Chaves, (3 corridas en 2014), Victor Janeiro, ( le frère de Jesulin, 1 corrida en 2014), et Julio Parejo qui  confirmait son alternative. On le voit, tous auraient dû avoir quelque chose à montrer.
Un tiers d’arène, quelques touristes égarés, chaque torero a amené sa claque, nous sommes à coté de celle de Janeiro.
La corrida pèse 540 kilos de moyenne, plutôt correctement présentée donc. Le premier se brise la corne, il sera changé avec un autre. Deux sobreros donc de « El Risco » et « Conde de la Maza ».
Les toros sont d’une faiblesse insigne, scandaleuse, qui plus est totalement décastés et obligés de « se battre » sur place.   A part deux « gordos » que Carmen connait au 4, aucune réaction. Ils sont habitués à se faire sortir par la police, là à part un début un peu bruyant et quelques palmas de tango, ils se sont tus, anéantis.
Que dire ? Des cuadrillas honteusement absentes et je m’en foutistes, d’une vulgarité rare. Des toreros plus que limités et qui semblaient aussi s’en foutre, un public amorphe. Un laisser aller et un "bordel" incroyables en piste. Des chevaux de picadors qui s’affalent au moindre contact et qui dorment à terre, il faut presque un cric pour les relever. Et dieu sait que ces toros n’étaient pas des foudres de bravoure ni de force. Je pense qu’on avait dû forcer un peu sur les sédatifs . RIDICULE ! Je pense à la cuadra de Bonijol et le splendide Tabarly.
Je connais des arenes en France où un tel spectacle, toros et toreros, aurait déclenché une émeute, demandé la démission des organisateurs, du maire ou peut être du député du coin. Là rien.
Un ennui pharaonique, je parle du repos dans la pyramide, une tristesse infinie, des souvenirs de las Ventas qui se bousculent. Angel  et Carmen, ventenos purs et durs me disent que c’est ainsi désormais à las Ventas.
Carmen, très triste me dit que « plutôt que de voir ainsi agoniser las Ventas, je préfèrerais la prohibition » . C’est dire ! Bon elle a parfois tendance à exagérer mais tout de même, quand on sait ce que pour elle représentent Las Ventas, on frémit un peu.
Nous nous sommes séparés en silence devant Flemming, Carmen vers son métro, Angel vers sa voiture, et votre serviteur vers son taxi. Nous n’avions même pas le cœur à aller « batailler » dans un bar taurin.
Que l’aficion de la prétendue première arène du monde soit dans cet état est bien pire que toutes les attaques des antis.

dimanche 16 août 2015

Immense corrida de Pedraza de Yeltes.


On attendait les Pedraza au virage. On ne fut pas déçu. De la bravoure, de la noblesse souvent, et de la caste. Un trapio impressionnant, des têtes à donner des cauchemars aux toreros, longs, hauts, puissants.

Ils livrèrent tous un vrai combat, âpre, exigeant, avec des tercios de pique hallucinants qui mirent une fois de plus en évidence la toreria des chevaux de Bonijol et des picadors, pour une fois fêtés.

 J’en ai vu au bord des larmes près de moi, émus par ce spectacle d’un autre temps, ou sans mots pour dire ce qu’ils ressentaient.

Et ce sixième toro, une montagne de nerf de sauvagerie et de bravoure pure. Del Alamo l’avait plutôt bien entrepris à la cape, mais dès qu’on ouvrit la porte du patio de caballos, à l’autre bout de la piste, on laissa échapper le monstre qui partit directement sur le cheval. S’en suivit un tercio hallucinant, le toro poussant comme un enragé, y compris sur le cheval démonté. Chutes bien sûr, peur pour le cheval et pour le picador.

Lorsqu’enfin le monstre lâcha le cheval, ou plus exactement lorsqu’enfin on réussit à l’en détourner, il sema la panique pour les banderilles. Del Alamo eut l’immense mérite de faire face à ce grand toro et, à sortir une vraie bonne faena, car le Pedraza était plutôt noble, type piquant encasté. Une bonne estocade et un tour de piste pour cet immense toro, qui réellement, s’il avait pu être correctement géré à la pique, était, à mon avis d’indulto car plus que complet. Del Alamo avait déjà coupé une oreille à un extraordinaire rouquin, brave aussi, bien sûr, et avec une alegria dans la charge incroyable. Vuelta aussi pour cet extraordinaire toro.

Nous étions beaucoup à nous dire que nous n’avions peut être jamais vu une corrida aussi complète, aussi émotionnante.

ET maintenant venons en au  hiatus. Une partie du public, la plus gueularde, refusa la sortie à hombros du torero. Chacune de ses oreilles était plaquée or pourtant. Que lui reprochait-on ? D’avoir perdu le contrôle du toro pour les piques, sûrement. C’est cruel, car nul ne sait si quiconque aurait pu contenir ce volcan de bravoure brute et de sauvagerie, (fiereza). Ensuite il fallut le consentir, ce que le petit homme fit très bien.

Continuons. Commentaire ce matin de Terres Taurines d’un mystérieux correspondant. Je copie et colle :

« Le succès remporté par la ganaderia de Pedraza au détriment des toreros et surtout de Juan del Alamo, injustement maltraité par le public qui ne le laissa pas sortir a hombros, ne doit pas masquer l'absence d'identité de ce troupeau, ni franchement toriste, ni réellement de qualité, mais dont les toros font parfois illusion en imposant leur masse physique qu'il ne faut pas confondre avec la véritable bravoure ».

Certes, ce n’est pas Viard qui a écrit cette connerie, mais il est responsable de sa publication.

vendredi 14 août 2015

Urdiales: comme un haiku


J’avais voulu voir Urdiales et les Jandilla de Borja Domecq. Ce dernier est un homme jeune et vraiment charmant. Il était là accompagné de 3 de ses 4 filles. « Ni un macho ». De très jolies fillettes, bien élevées et avec de très beaux yeux bleus.

Les toros fournirent une corrida intéressante, plutôt bien présentée, et avec pas mal de bois. Des comportements variés, âpres ceux de Urdiales, avec ce piquant propre à la maison  mais aussi des coups de tête violents, ceux de Adame étaient les meilleurs, avec des charges vibrantes, longues et profondes. Le mexicain en tira un bon parti et fit admirer une bien jolie aptitude à lier les passes et à tirer le bras.

Très mauvaise après midi pour Leal, qui étouffa son premier toro, refusant de lui donner l’air qu’il méritait, dans un toreo voulant imiter Paco Ojeda. A son second soso mais peut être abimé à la pique, il voulut prendre le contre pied : puerta gayola et plongeon, le toro passe au dessus, seconde tentative en piste, même plongeon. Ouf dangereux et inutile mais sans bobo. A la cape, le torero cède du terrain à chaque passe. Il tente ensuite de donner de la distance au toro, prenant le contre pied de ce qu’il avait fait à son premier. Il termine sa faena dans un ennui profond. Mauvaise journée, pour ce jeune torero, déjà desservi par sa grande taille, mais qui en plus sembla perdre ses « papiers ». Peut être voulait t’il trop bien faire ? Cuadrilla totalement dépassée !

Reste Diego Urdiales. Il toucha les plus difficiles du lot, le premier un rouquin violent, court, puissant et dangereux, le second moins compliqué peut être, mais court aussi. A la cape, Urdiales gagna du terrain à chaque véronique, pour terminer au centre. Ce n’était pas si simple devant le premier tambour major.

Je vais tout vous dire, j’ai adoré ce toreo très court : Urdiales utilise un répertoire très

restreint de passes, et se refuse à toute fioriture ou concession au public. Ce n’est certainement pas un manque de respect, c’est sa conception du toreo, qui rappelle certain,  celui à  l’ancienne des années 70 et de façon évidente, le maestro Antonete.

L’homme est habitué aux tontons, ceci se voit. Il est calme, toujours réfléchi, bien placé.

Son toreo est quasiment une épure, une recherche de stylisation, dans un dépouillement quasiment ascétique. Chaque passe est un bijou de sobriété de justesse et d’efficacité, minimaliste comme un haïku.

Devant ce toreo si pur, si madrilène d’antan, j’ai ressenti une vraie émotion, une nostalgie
aussi et un vrai bonheur. Mais cette absence voulue de concession, monte difficilement aux gradins. Une demi-arène y fut apparemment sensible et ce n’est déjà pas si mal. Pour cette raison, la Présidence se fit prier, c’est un euphémisme pour accorder l’oreille, amplement méritée de son second toro.

Enhorabuena y gracias torerazo !

dimanche 31 mai 2015

La dernière de Viard


L'insuffisant nain prétentieux Président de l'ONCT recommence. On savait déjà ses analyses pseudo historiques désastreuses, sa prétention insubmersible, mais voilà, après une accalmie où il a défendu très exactement le contraire de ce qu'il avait jusqu'alors défendu en matière de corrida, le voici revenu à ses classiques, et son incapacité à laisser les espagnols régler leurs problèmes, sans leur expliquer ce qu'ils doivent faire.



Ce jobard nous parle en fin de texte aussi, c'est dire sa rigueur intellectuelle « de la traduction ultra minime en sièges des voix majoritaires du Front National lors des dernières élections régionales françaises ». Circulez il n'y a rien à voir.




Bon ça c'est en passant et n'est pas le fond du problème. En fait son édito est une charge virulente contre « Podemos » qui tout à fait démocratiquement, c'est à dire en comptant les bulletins de vote est arrivé très bien placé aussi bien à Barcelone qu'à Madrid, lors des élections municipales. Podemos , vous savez ce parti issu des indignés espagnols, dont il fustige le « leader à coleta », Iglesias donc, comme le fondateur du PSOE au début du siècle précédent.



Donc le Dédé qui a ses bienfaiteurs en Espagne, voue toujours une admiration sans borne à Esperanza Aguirre y Gil de Biedma, comtesse de Murillo et Grande d'Espagne qui évidemment a donné son opinion, qu'il répercute de la façon suivante : « ...que Madrid aura désormais une maire issue de l'extrême gauche et désireuse, comme l'a glissé Esperanza Aguirre, de créer un soviet dans chaque quartier ».Pas exactement une poulette de l'année la comtesse et nul ne peut la soupçonner de gauchisme, pas plus que Madame Aznar la maire actuelle de Madrid. Madame la comtesse est candidate pour le PP à la Mairie de Madrid après avoir été présidente de la Communauté de Madrid.



Elle se trouve actuellement en position très inconfortable face à Podemos, avec seulement un siège de
plus. Sa rhétorique purement révisionniste est là pour réveiller les nostalgiques de la Phalange, les catholiques intégristes, et aussi les nostalgiques de Franco.



Quand il n'était plus défendable de justifier la « légitimité » du putsch des généraux du 18 Juillet 1936, on a sorti une conspiration communiste alors même que le Parti communiste n'était pratiquement rien en Espagne, sur la foi de documents qui s'avérèrent être des faux grossiers. Mais ceci avait suffi à rallier l’Église qui en faisait état encore mi 1937 lorsqu'elle justifiait l'insurrection franquiste auprès des catholiques du monde entier. De plus le Kominterm s'était clairement prononcé pour une alliance avec les « partis bourgeois ».



« ...un soviet dans chaque quartier... » ce n'est pas un hasard, cela évoque les « casas del campo» de la seconde république espagnole, dont le rôle était de représenter et si possible de défendre les ouvriers agricoles. Horreur, horreur, horreur ! Mais surtout cela évoque le vieux délire franquiste anti communiste, du soulèvement qui avait sauvé l'Espagne de la main mise de la Russie et faute de tout argument juridique le légalisant, avait le mérite, à leurs yeux de le justifier ainsi. Même le malheureux Unamuno dont je reparlerai avait enfourché cette connerie de la conspiration communiste et vu d'un très bon œil le soulèvement.



Après tout, le nain prétentieux et atrabilaire, peut penser ce qu'il veut de Podemos, ou de cette démocratie qui a permis son émergence. Il voue toujours un amour immodéré à Esperanza Aguirre, remise apparemment et on s'en réjouit de sa maladie. Il est évident qu'entre elle et l'ambassadeur de France à Madrid, qui lui offrit un lancement à nos frais en l'Ambassade de « Tierras Taurinas », son entrisme forcené dans les organes influents Ppesques a largement été favorisé.



Cette thèse du complot russe, à grand renfort de presse, de propagande, de Télé a été maintenue par les Franquistes jusqu'à la mort de leur Dieu. Pourtant dès les années 50, l'immense Southworth, dans son « mythe de la croisade de Franco » avait clairement révélé mais surtout démonté de façon historiquement irréfutable la supercherie.
 Le franquisme a toujours fonctionné dans le déni, souvent le mensonge. Le massacre de Badajoz en Aout 1936, par exemple, a toujours été nié, je dis bien toujours malgré les témoignages de journalistes de premier ordre, et l'affirmation, d'un ton patelin de Yague, responsable de cette tuerie, "qu'on n'allait tout de même pas laisser 4000 rojos derrière nous". Ce fut identique pour Guernica, qui selon les franquistes avait été détruite par les « rojos » eux mêmes. On pourrait citer des exemples à l'infini, mais ce n'est pas tout à fait l'objet ici.


Et le plaisantin du Boucau, d'en mettre encore une couche historique dans la plus pure tradition franquiste ou révisionniste, mélangée à une méconnaissance absolue, peut être volontaire du sujet. Ainsi nous inflige t'il que le programme de « Podemos », « ...dans certains domaines ressemble à celui qui mit l'Espagne à feu et à sang en 1936………. ».



Alors je voudrais rappeler à l'ignare pontifiant, que certes en 1931, la gauche était arrivée au pouvoir suite à des élections municipales perdues par la droite, et c'est vrai avec un programme qui visait tout simplement un bouleversement sociétal. Je m'explique : les thèmes forts était bien sûr, l'arrêt du financement de l’Église catholique, le ralentissement de sa main mise sur l'éducation en aidant au développement de l'école publique, et l'interdiction de la Compagnie de Jesus. Donc une séparation de fait de l’Église et de l’État. On jugeait en effet que la très riche église espagnole était complice des injustices sociales et des persécutions.



Réformer l'Armée surnuméraire en généraux et hauts gradés, jusqu'au grotesque, après les généreux avancements liés à l'inutile Guerre du Maroc. On proposait donc aux militaires qui le souhaitaient de quitter leur poste, tout en recevant leur solde. Les autres, pouvaient continuer à condition de jurer leur loyauté à la République. Franco le fit.



Autoriser l'Autonomie de la Catalogne puis du Pays Basque.



Entreprendre une réforme agraire, jugée par tous nécessaire, y compris, faut t'il le rappeler les fascistes de la Phalange. Cette réforme ne put jamais être mise en œuvre, pendant les deux premiers années qu'a gouverné la gauche.



Peu importe on ne va pas rentrer dans le détail de ce programme, car la gauche perdit les élections en 1933 en grande partie à cause de l'immense connerie du leader syndical Largo Caballero, et la droite fit tout pour défaire les avancées modestes, surtout au plan salarial. Ceci provoqua aussi la grande émeute de 1934 en Asturies, où la gauche n'est pas exempte de reproches, mais qui fut réprimée par Franco lui même et les troupes marocaines, regulares et tercio. On craignait en effet que les soldats espagnols du continent répugnent à tirer sur des espagnols. La répression menée par le sadique « Dorval »  fut terrible.



Début 1936, la gauche gagna à nouveau les élections sur la base d'un « front populaire » qui n'avait
de front populaire que le nom. Son programme était une version édulcorée de celui de 31, et on tenta à nouveau de mettre en place la réforme agraire et surtout on amnistia tous les prisonniers politiques ayant participé ou approuvé la révolution ouvrière de 1934.



Il est vrai que le programme initial voulait s'attaquer aux trois piliers fondamentaux de la société d'alors : l’Église, l'Armée, et les grands propriétaires terriens. Et donc pouvait avoir suscité bien des insatisfactions dans la partie la plus réactionnaire de la droite. Dire que c'est ce programme qui a causé la Guerre Civile reste plus que discutable, mais ce n'est pas le sujet ici.



Ce qui est par contre complètement crétin est de faire un parallèle ente ces programmes de 1931 et 1936 et celui de « Podemos » que j'ai pris le temps de lire attentivement, qui s'intéresse au bien vivre des espagnols, qui en a pris un sacré coup, prône la nationalisation de la Banque d'Espagne et une vraie séparation de l’Église et de l’État, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui car l’Église est encore financée par une forme d’impôt.. A ce sujet, il est amusant de constater que Zapatero fut de ce point de vue le plus grand bienfaiteur de l’Église. Oui je sais ils prônent aussi les 35 heures et la retraite à 60 ans. On est même frappé d'un certain point de vue par la « modération » de ce programme, soit disant issu de l'extrême gauche voire de Moscou pour Esperanza et le minus. Il est vrai aussi qu'à la quarantième et dernière page du programmes le paragraphe 6.7 parle de la protection animale : « 6.7- Proteccion animal, nueva exigencia socia l » un petit paragraphe d'une dizaine de lignes, dont « …….Interdiction de la tauromachie et du trafic des espèces exotiques ou en danger d'extinction………. ». Je pense que pour un juriste il y a fort à faire si on démontre qu'en fait la tauromachie concourt à la sauvegarde d'une espèce en voie de disparition.



En tous cas, la comparaison est manifestement imbécile et est faite pour remuer les vieux démons du franquisme.



Voilà je comprends maintenant beaucoup mieux pourquoi Wolff s'est désolidarisé d'avec Viard, dans une lettre à campos y Ruedos que je me permets de retranscrire :



« Bonjour,
Je tombe sur votre site et sur la question qui m’est posée à propos des déclarations personnelles

d’André Viard. Je tiens à préciser que, quel que soit le travail accompli par l’ONCT, que je tiens à saluer, je ne fais moi-même plus partie du bureau de cette association depuis l’été 2012 ; je l’ai quitté non seulement parce que j’estimais que les membres fondateurs devaient être renouvelés, mais également parce que je ne souhaitais pas me solidariser avec certaines prises de position publiques de son président.
Bien cordialement, Francis Wolff. »




Rien à ajouter

jeudi 7 mai 2015

Tomas


Mon cher Marcos,



tu me permettras de répondre ainsi à tes deux dernières publications. En effet tout ceci méritait mieux qu'un commentaire.



Tout d'abord, la chose vraiment importante pour moi est ton bonheur retrouvé et te lisant avec joie, je pense à ce cher Georges de Sète, « Je m'suis fait tout petit devant une poupée……….. » etc. Gloire donc à elle d'avoir apaisé l'éternel grincheux, atrabilaire, que parfois, moi même, dans mon immense bonté et tolérance avais du mal à encaisser. Vivez heureux c'est la seule chose qui compte, avec comme seuls espoirs des lendemains.



Pour le reste, ton post sur cette décono-conférence, mais que ne dit t'on pas comme conneries en matière de corrida ? Les psy lorsqu'ils sont parfois compétents, peuvent être, je le sais, des recours irremplaçables, ou des fossoyeurs forcément innocents dans le cas contraire. Métier difficile que de toréer l’âme.



Ils devraient savoir pourtant, et est ce un hasard, que ceux qui à 99 pour cent des cas parlent le plus lamentablement de leur métier sont les toreros eux même. Tomas a le mérite d'être un sphinx. Il est vrai aussi, que nombre de toreros ont le psyché d'une moule, je parle du mollusque bivalve. Tomas on ne sait pas. Quoique sous influence de ma Condesa j'aie un préjugé favorable. Mais bon !



Je pense comme toi que Tomas est torero, comme tous ceux qui vont se mettre un chiffon à la main devant un toro. Si on peut assez aisément expliquer le désir d'être torero par une culture, une imprégnation, mais aussi le désir d'une gloire rapide, ils admettent tous, les postulants, que la chose est tout de même risquée. Ensuite, comme pour les voitures, c'est une question de statistiques, plus la dangerosité du bétail, et la certitude que virgencita vous protège.



Ce qui est plus complexe est modéliser le talent ou le génie. J'attends qu'un psy m'explique Picasso, ou le mec qui traverse les chutes du Niagara sur un fil.



L'émotion de Tomas, de mon point de vue provenait de ses propres lacunes ou de son obstination à toréer tous les toros de la même façon. Ayant revu quelques faenas historiques sur mon PC, il est vrai qu'alors, son placement défiait toutes les lois et à force de volonté, il arrivait à s'imposer aux toros. Lesquels disent certains perfides ? Il ne faut pas entrer dans ce jeu.



Chaque fois qu'il se faisait prendre c'était une faute technique dira t'on, ou une obstination, ou une absence d'humilité. Et bien sûr, il restait sur le fil du couteau, non de la corne, avec un courage proche de la folie, avec un apparent détachement. Il paya durement cette folie, remplissant les arènes. Nous étions quelques uns à nous dire, « il s'est fait prendre, mais le taureau l'avait averti, et il n'a pas varié son comportement ». Certain aficionado de mes amis chers, parlait « d'un incontestable sens de la cadence, unique chez lui, mais d'un manque de ressources techniques ». Ici l'émotion provenait d'une impression réelle de mise danger et d'une certaine fragilité.



Et un jour, à Aguascalientes, Tomas a laissé son sang sur la piste. Trois ans déjà. Il serait mort en d'autres temps. C'est du sang mexicain qui lui a été perfusé. Alors on imagine l'émotion de cette réapparition, je parle de Tomas, avec le souvenir de la corne qui le tue..Le symbole aussi. Ici je renaîtrai.



Bien. J'ai encore le souvenir du bellâtre Ostos, dont la seule qualité était une vaillance à toute épreuve, ce qui n'a pas empêché Jean Cau, en le suivant une temporada d'écrire « les oreilles est la queue » qui, de mon point de vue est l'ouvrage majeur parlant de tauromachie.



Ostos fut terriblement châtié, là où les toreros risquent la mort. Je ne parle pas de Yiyo et son cœur coupé en deux.Je l'ai vu ensuite, beaucoup moins bravache et ne pouvant empêcher les pas de recul. Lui qui montait sur les toros.



Et l'inimaginable Curro Vasquez, novillero béni des Dieux, que nous suivions partout avec mon père. Il avait tout, la sobriété, l'empaque, une suprême élégance. Il fut terriblement châtié, voulut continuer avec des fortunes diverses, mais souvent l'esprit cédait au corps.



C'est que le corps se souvient.



A Aguascalientes, j'ose le dire Tomas n'a pas été Tomas. Devant son premier, un peu encasté, il se fit avertir, le toro lui passant sous le bras. Les toros un peu encastés n'aiment pas le pico et voient de suite le trou, « el hueco ».



Le second était une borrega décornée, c'est à dire armé comme un veau de lait, d'une candeur totale devant lequel, encore Tomas se comporta en "pegapases tout en pico".



Je sais qu'il ne faut pas dire cela, à l'heure où tant d'empresas y compris françaises rêvent de l’enrôler pour la corrida du siècle.



Alors au lieu de dire que « le corps se souvient » on entonnera les « trompettes de la renommée », et surtout, bises à Pauline.


dimanche 2 juin 2013

torista, torerista!


Encore une fois, Xavier s'insurge contre les nouveaux errements de l'illuminé du Boucau. Le Vieux.
Je parle du Boucau. Bref !


Pour moi cela confirme seulement la nocivité et le peu de « verguenza » ou de « pundonor » de ce triste personnage, je parle du visionnaire des pins OCTien. J'emploie à dessein des termes taurins très applicables ces temps ci à un formidable Ferrera.



On évitera sa phase taurine, au cours de laquelle il démontra de vraies aptitudes à l'embrouille, à l'opportunisme voire à l'invective insultante, y compris vis à vis de ceux qui l'avaient aidé. Certains me comprendront.



On l'évitera par pudeur, ou simplement, parce que, au fond de nous, reste un respect pour celui qui « se met » devant les toros. Mais pour avoir eu la chance, si on veut, de le voir et même de me déplacer à Madrid, pour sa confirmation d’alternative, je peux affirmer que je ne fus jamais convaincu de ses facultés taurines. La confirmation d'alternative confirma, si on peut dire, ses carences.



Je dis aussi cela car, il a longtemps utilisé à tort et à travers, l'argument, selon lequel, lui, Dédé du Boucau, le Vieux, je parle du Boucau, savait tout car il avait été un grand torero, et que les contradicteurs, eux, n'y connaissaient rien, car ils ne savaient rien des toros, et devaient, par pudeur, la boucler. Autrement dit, lui savait, les autres non. Ce fut l'époque des « ayatollahs irresponsables ». Nous y reviendrons.



Ce genre d'argument est purement renversant, comme si, pour être critique littéraire il fallait être un Prix Goncourt, ou critique musical avoir été un virtuose, ou critique d'art, Prix de Rome. Je ne suis pas sûr que Vidal ait été un grand torero, ou Tio Pepe.



Navalon, que les « amigotes » du Dede d'alors démolissaient invraisemblablement, lui, fut plus qu'un practico, et s'essaya même à l'élevage de toros.



De plus, il faut bien avouer que lorsqu'on écoute la majorité des ex toreros qui se livrent à l'exercice du commentaire, direct live, je pense par exemple à Ruiz Miguel ou Munoz, on se dit que cela ne sert pas à grand chose d'avoir été oh combien, devant les toros, pour sortir de tels chefs d’œuvres de langue de bois ou de connerie. Je l’ai déjà dit, j'avais bien apprécié Joaquin Bernardo sur TV Madrid, mais il a arrêté. Il est vrai qu'il disait vraiment ce qu'il pensait des toros surtout, du genre il me plaît ou déplaît pour telle ou telle raison, et ce immédiatement ou presque à sa sortie, mais sûrement aussi, hélas pour nous car il l'a payé, ce qu'il pensait des hommes, en termes plus feutrés mais sans équivoque.



Moi je lui reconnais, au néo ignifugé du Boucau, le Vieux, Boucau, bien sûr, volontiers le mérite de vivre de sa passion. De s'être inventé une vie conforme à ses goûts. Je lui reconnais même un talent certain dans la réalisation de ses Terres Taurines, ibères et françaises, toujours très soignées et professionnelles dans la forme.



Mais je déteste son entrisme, permanent. Par exemple, il m'a fallu comme les autres contribuables,
mettre la main au porte monnaie pour financer son grand raout à l'Ambassade de France à Madrid pour le lancement de Tierras Taurinas ! J'ai suivi avec dégoût son flirt avec la Présidente de la Communauté de Madrid, Esperanza Aguirre y Gil de Biedma, membre éminent du PP, comtesse de Murillo et Grande d'Espagne. Ça peut aider, et cela a aidé. Il en a profité, prenant pour prétexte l'affaire de Barcelone pour entrer dans une campagne anti PSOE d'une violence absurde et pour le moins déplacée. Mais il fallait renvoyer l'ascenseur à la Comtesse. 


A cette époque, il nous vendait les infâmes saloperies de Mundotoro, tenu d'une main de fer par Jean Pierre Domecq, et en rajoutait dans l’abjection, portant des jugements de crétin arriviste façon « falangista », sur le devoir de mémoire, ou l'Espagne de Caïn et Abel. Tauromachiquement, il était dans une guerre d'une rare violence contre les « talibans » et autres « ayatollahs », irresponsables, évidemment incompétents, qui ne voyaient pas tout le bien que les figuritas de merde faisaient à la corrida, traînant dans leur sillage un public friqué, totalement incompétent. Cet afflux d'argent était de bon augure pour ses affaires. On le vit, mes amis espagnols m'en parlaient, entrer partout pour vendre son expertise et son statut de sauveur de la corrida en France dans les radios et surtout l'antenne intello de la droite dure, dépendant des « historiques propagandistes » en concurrence avec l'Opus Dei.



Il sur-utilisait sa Présidence à l'OCT, pour tirer la couverture à lui, rejetant dans l'ombre des gens aussi compétents aussi bien juridiquement que tauromachiquement que Zumbiehl, après avoir tiré un parti optimal des relations de cet honnête homme avec le Quai d'Orsay.



Pour tout dire, il semble que depuis les choses se soient un peu calmées : est ce en relation avec la mort de Jean Pierre Domecq, qui tenait toute cette troupe de minables d'une main de fer, ou avec une montée en présence plus qu'en puissance de Simon Casas à las Ventas et ailleurs en Espagne, alors que les relations entre nos deux virtuoses de l'entourloupe ne semblent pas au beau fixe.



Bref il nous a fait un revirement de jaquette flottante somptueux pour maintenant tenir un discours que jadis il exécrait, demandant des toros, alors qu'il n'y a pas si longtemps, sous la férule de MierdaToros, il expliquait combien ces toros « indultés », façon Desgarbado, étaient des diamants de génétique.



Pour tout dire, je pense également que la radicalisation du discours de certains ne comporte rien de bon pour le futur. Et surtout cette conviction maintenant avérée, d'avoir raison et d'avoir toujours eu raison. N'empêche que, face au désastre dans les arènes, on peut aussi décider de rester chez soi, de façon à ne pas alimenter la dérive. La corrida est aussi un spectacle et l'un des plus populaires à l'origine, et, sauf à mettre quelques détenteurs de la vérité aux guichets ou sur Internet pour juger des facultés toristes des impétrants, pour leur donner ou non le fameux sésame, et peut être en prime, l'avantage d’être cornaqués, par paquets de dix par quelques compétents, je ne vois pas comment on va leur interdire l'entrée des arènes.



De même, attention de ne pas tomber dans une autre déloyauté, incriminant, telle ou telle organisation, empresa, commission, édiles, qui ne font pas exactement ce qui se fait dans les organisations, empresas, commissions qui elles et eux sont vertueux, édiles inclus.



Je pense qu'il faudrait convenir de la difficulté pour n'importe quelle Commission par exemple de monter un programme équilibré et qui plaise à tous. Sachant qu'en général, pour certaines les bénéfices des corridas sont utilisés à d'autres financements festifs et que tout déficit serait en plus une bombe politique. Ce n'est pas le cas pour toutes.



Enfin, je voudrais aussi dire que les faenas de légende se sont faites avec, évidemment des toros qui les permettaient, qu'on le veuille ou non. C'est vrai que ce qui est insupportable , ce sont ces toros bouffis, armés façon zébus, décastés, faibles, mansos et sosos dont se repaissent les figuras. Tout aussi insupportable est de tout passer à certains encastes qui ont la chance de plaire aux nouveaux détenteurs de la vérité, alors que tout le monde sait, aussi, que pour répondre à la nouvelle demande, on met tout sur le marché. Je parle des fonds de campo.



On sait également que, normalement, lorsqu'on va chercher une certaine caste, plus proche du genio, on peut aussi fabriquer des objets taurins non identifiables, dont le seul mérite est leur aptitude à égorger. Ceci dit, je suis bien d'accord qu'il faut de tout dans la corrida, et que c'est aussi une façon de revenir à des sources quand prévalaient, sans que personne ne s'en offusque de grandes variétés de comportement. Mais parfois, en dehors de l'incompétence du torero, il faut savoir admettre qu'il n'y a rien à tirer du morlaco, et ne pas chercher à exiger une faena, quand une mise en place défensive est la seule chose à faire.



C'est probablement de spectacles dignes dont a besoin la corrida, essayant de regrouper, enfin, les tendances toristas et toreristas, en dehors de toute injure. Ceci ne peut passer que par un toro sérieux et des toreros qui comprendront enfin qu'ils mènent la corrida à sa mort s'ils ne changent pas de comportement. Enfin il me semble également que les Penas, plutôt que de s'affronter sur des terrains qui sont loin de n'être que taurins, ont un rôle de pédagogie à jouer, ainsi d'ailleurs que les organisations.


lundi 20 mai 2013

Inquiétant!


Madrid cahote de déception en déception. Certaines plutôt attendues et sans résonance particulière, au niveau de l'absence de caste, d'autres plus troublantes comme les Escolar et les Victorino. Sans parler des Juan Pedro devant un cartel trois étoiles.

 

Le flop de Talavante me désole surtout pour une raison : je sais que ma chère Condesa l'aime beaucoup et qu'il fait partie d'un cercle familial. Et vous savez comment ils sont les gitans avec la famille. Donc je pense qu'elle va le défendre bec et ongles ! Devant aller à Madrid, pour des raisons bien autres que taurines, de ce mardi jusqu'à ce vendredi, j'aurai sans doute l'occasion d'en discuter avec elle.

 

Talavante est apparemment un torero « corto » c'est à dire qu'il a réduit son répertoire à 5 ou 6 passes de base. Moi, cela ne me gêne pas lorsque l'exécution est parfaite.

 

D'abord il y eut le vent. Gênant, constant. Mais pourquoi s'obstiner à vouloir toréer dans les endroits les plus venteux ?

 

J'ai eu l'impression que pour employer une expression à la mode, Talavante s'est mis la pression, avec son clip mégalomaniaque, et ce défi auquel personne ne l'obligeait. Ensuite on m'a dit et je ne sais pas quel crédit il faut apporter à cette affirmation, qu'il n'avait jamais toréé de Victorino ni même tienté. Ceci expliquerait qu'à aucun moment il n'a semblé comprendre ses adversaires, il est vrai très décevants.

 

Ces Victorino étaient petits pour Madrid si on excepte un ou deux exemplaires, ce qui, sans être dans les secrets de Victorino, signifie peut être qu'il a essayé de privilégier la mobilité. En vain. Petits mais bien armés en général, certes !

 

Chose que je fais peu souvent, je vous livre les notes que j’ai prises :

 

« Premier toro :534 kgs, cardeno. Froid à la cape, puis compliqué et court, comme souvent. 1 grosse pique une seconde. Le toro sort seul. Puis devient soso, andarin . Talavante le torée au centre malgré le vent. 4 derechazos puis le toro se décompose.

Deuxième 530 cardeno : rien à la cape. Pique sans se livrer, andarin. Vent encore. encore au centre ! décroisé totalement. Toro cortito, escarbando. Problème de placement du torero qui n’intéresse pas le toro. Un peu de gauche un peu croisé, un certain rythme. A-t-il compris ? le toro manque de race. Troisième  Embiste plus mobile. Vent ! 3 bonnes de la gauche croisé, autre bonne série de 4, bon toro ! 4 autres bon remate. Plus court à droite longue série à gauche, remate bien !

Quatrième toro 508 kgs bon toro. Bonne série de la gauche. A droite court, s’éteint. Pourquoi toujours toréer au centre et non dans les papiers ?

Cinquième : 503 bien fait , pas mal à la cape. Trop piqué deux fois. Première série à gauche décroisé. 2 ème un peu plus croisé, . Impression qu'il ne comprend pas les victorino. Court à droite, encore ! positionnement ?mauvaises estocades

Sixième 530. Moyen au capote. Grande carioca deux fois. Le toro n’embiste pas, sans classe, andarin. Le public demande qu’on en finisse ! »

 

Deux choses de mon point de vue ressortent :

 

1)      Les toros ne sont pas sortis bons. Curieusement petits pour Madrid voire anovillados. Massacrés aux piques en général avec des cariocas de gala. La brega d’une façon générale a été lamentable !
Décastés en général. Sans mauvaises intentions flagrantes. Reste que les Victorino, il faut leur monter dessus, les réduire par le bas en se croisant sinon, ils font ce qu'ils veulent. Ce fut bien le cas.

2)      Talavante a paru écrasé, mais en même temps comme absent. Jamais croisé, toréant à mi hauteur, "pico » et « fuera de cacho » le plus souvent. Aucune inspiration ni à la cape ni à la muleta. Courtissime. S’est très connement obstiné à toréer au centre . Pourquoi ?N’a rien fait de ce qui est nécessaire avec les Victorino, ce qui peut laisser planer un soupçon sur la vraie qualité des toros. De là à les voir bons !!!!!!
 

 

On passe tout de même un peu tout au cher Victorino, même quand il sort une mauvaise corrida, ce qui de mon point de vue fut le cas. A force tout ceci va finir par friser le ridicule, de la même veine que tout rejeter qui soit Domecq like !

Inquiétant !

mercredi 15 mai 2013

Au risque de me faire lyncher


Je regarde tous les soirs les corridas de Madrid. Ce soir, peut être pas.



Que dire, sur l'écran, il est vrai qu'une grande partie de l'émotion disparaît ou plutôt cette vibration, cette respiration rauque des arènes et plus particulièrement, celles de Madrid.



Madrid sort des toros de Madrid en cherchant les plus grands les plus lourds, les plus armés. Cette tendance mortifère a fait passer à la trappe des encastes purs, petits dans le type ou avec peu de tête, mais terriblement batailleurs, au profit d'une uniformisation de peu d'intérêt.



Toutes les corridas que j'ai vues jusqu'alors à Madrid depuis vendredi sont sorties mal et décastées, je dis bien toutes, et parfois avec du danger. Ceci étant mon opinion.



Discutant avec un ami, je lui dis que je n'avais pas trouvé la corrida des Escolar de Madrid bonne. « Certes on ne s'ennuie pas comme avec les Puerto de San Lorenzo », lui ai je dit, « mais me semble t'il, certains sinon tous, ces Escolar manquaient de caste et de classe ». A mon avis, il y avait la beauté des animaux, leurs têtes terribles, mais semble t'il c'est ce qu'il faut à Madrid. Que n'avais je pas dit !



Le monde taurin est étrange, il semble condamné à des attitudes extrêmes : tout le « Domecq like » est à chier, « il n'y a pas de salut », comme m'a dit un ami aficionado en le regrettant, « hors de l'Escolar ou du Raso del Portillo ou du Cuadri ».



J'ai déjà dit aussi, au risque de faire hurler que les interminables suertes de piques en imposant au toro de partir de très loin sur le picador ne me paraissaient pas forcément « taurines». Il me semble qu'il conviendrait d'abord de tester la bravoure de l'animal sur une première pique, sans le saigner, et ensuite essayer de le présenter de plus loin. L'autre avantage me semble-t'il est qu'on risque moins « d’abîmer » le toro sur la forteresse volante foreuse.



Je suis conscient de la beauté d'une bonne suerte de piques, encore faut il que le toro soit brave, le picador bon, et que le torero ne veuille pas tuer le toro. Trois conditions qui ne sont pas si simples à réunir. De plus, me semble-t'il aussi, enivré par la charge du toro, le public est aux anges, oublie qu'on le prend ce toro, sur le ventre du cheval, qu'il y a carioca aussi et que la pique n'est pas réellement bien placée.



A Madrid, en tous cas le bilan est bien maigre aussi bien du coté des hommes que des toros, mais peut-t'on vraiment les en blâmer, je parle des hommes, avec le matériel qu'ils ont eu ? Je sais bien qu'il est normal que certaines corridas ne soient pas bonnes, mais toutes, avec le même symptôme de manque de caste même à des degrés variables, c'est très inquiétant.

lundi 13 août 2012

Deux heures trente de bonheur!


Deux heures trente de bonheur. Sortir de l’arène vidé, au bord des larmes. Retrouver le parfum de la corrida qu’on aime.

Les toros d’abord, « los  escolares », souvent couleur souris, d’une présentation irréprochable non seulement d’homogénéité, tous autour de 500 kilos, avec des têtes caractéristiques, pour le moins boisées, mais surtout d’un trapio impressionnant, ( soit dit en passant, il n’est pas nécessaire de peser 600 kgs pour avoir du trapio), longs comme des trains de marchandise, hauts comme des miuras,  portant fièrement dressée la tête, les cornes griffant le  ciel, avec quelque chose à la fois de suprêmement élégant, leur ligne, leur déplacement et leur port de tête, mais aussi de rupestre qui les font ressembler aux gravures préhistoriques, rappelant aussi les origines du toro de combat. A tel point que de mon point de vue, le sobrero  du même élevage, sorti en remplacement du second qui s’était brisé une corne, faisait figure de vilain pas petit canard, ou de  « garbanzo negro », impression que son comportement en piste  ne démentit pas. Dommage pour Castano, qui fut averti au moins trois fois et ne put rien tirer de cet animal très dangereux.

Pour tout dire, je n’ai pas l’intention de me lancer dans une resena car tout va être ou est déjà dit. Je me souviens seulement de cette plaza ivre de bonheur et d’orgueil, « ça y est enfin, nous autres, à Dax, nous avons notre indulto », prête à foutre le feu si le présidence n’accordait pas l’indulto, qu’elle accorda à « contre cœur » mais avec le souci de ne pas finir dans une barrique de goudron, d’autant que le grand Cesar Rincon, qu’on savait très lié à l’éleveur, se faisait le chef d’orchestre de la pétition, ce qui évidemment la légitimait. Donc, ce public, si prompt à accorder l’oreille dès qu’une faena faisait cent passes à d’aimables cornus coopératifs, n’a pas daigné sortir son mouchoir pour accorder une oreille à Robleno, à son premier plus précisément, faena que pour ma part, j’ai trouvé très méritoire. Mais là on avait déjà compris ce que signifie « se croiser », car précisément, les rares fois où il fut mis en difficulté, furent lorsqu’il omettait de « se croiser ».

Ou, aussi, comment on peut passer d’un extrême à l’autre. Car enfin, pour une plaza qui compte plus de 50% d’abonnements, avec un taux de renouvellement qu’on suppose constant, on imagine mal que le public des « escolares » était fondamentalement différent, et avait basculé dans une exigence torista digne d’un « tendido 7 ».

Les plus optimistes diront qu’il s’agit d’un virage salutaire de la corrida, d’autres plus frileux resteront dans l’expectative quant aux raisons profondes, y compris les moins avouables, de ce revirement. Je suis de la seconde catégorie. Il me semble enfin que lorsque on  va voir une corrida de Jandilla avec le gratin du G10, on sait parfaitement à quoi  s’attendre, y compris au niveau des exigences des seigneurs,  « saigneurs ? », et le mieux, si on n’est pas intéressé est de rester chez soi, et aussi cette façon de  brûler ce qu’on a adoré me paraît pour le moins ridicule, et je ne veux pas défendre El Juli, qui porte une lourde responsabilité avec ses compères du G10 dans le marasme actuel de la corrida. Mais il fait ce qui jusqu’à maintenant lui a parfaitement réussi, du Juli, et que le public payant a parfaitement le droit d’apprécier.

Mais ce qui est certain c’est qu’un spectacle taurin de la qualité de celui qu’on a vu ce dimanche, finit par rapprocher tous les points de vue dans l’unanimité, les hommes concentrés, se mettant au niveau de leurs opposants très cornus, avec un premier tercio ressuscité, la nécessité pour les toreros de respecter le placement ou le « sitio » et de se croiser constamment.

J’imagine qu’il y aura quelques pisse vinaigre, perfectionnistes et suprêmement connaisseurs, eux, qui contesteront ceci ou cela, mais à mon avis, c’est sans importance. Nous avons assisté à une corrida, à ce que devrait être une corrida, avec des toros magnifiques de présentation, dans le type, sans surpoids, braves, « encastés », exigeants et terminant bouche fermée,  de comportement varié allant de la suavité sans grande transmission pour un exemplaire, à la complication extrême, en passant par la manière de perfection du 6ème, au niveau du comportement dans la muleta, je dis bien : vibration, émotion, bravoure et noblesse, et ce malgré un châtiment excessif à la pique et une armure invraisemblable, il a tout de même terminé, lui aussi, bouche fermée.

Autre détail dont je n’entends pas parler : je n’ai pas entendu sonner un seul avis, pourtant la corrida a duré plutôt longtemps, mais sans ennui. Ceci étant sûrement lié à de gros premiers tiers.

Je n’ai jamais été un franc partisan de cette mortifère distinction entre « torerista » et « torista », actuellement, on en mesure les conséquences. On passe d’un extrême à l’autre ! Et dans le public, d’aucuns ont maintenant honte d’apprécier certaines choses, alignant leur jugement sur le gueulard systématique qui lui, sait.

Et ceci me rappelle ce que comme toujours opportunément, me disait mon Deck : « regarde les videos d’avant, tu y verras du pico et des gens décroisés ». Bien sûr, le  « toreo » de profil, latéral, n’existe pas d’aujourd’hui, et il eut même la cruauté de m’infliger une video de mon cher Ordonez. Beaucoup de grands censeurs feraient bien de vérifier.  La seule différence est que les figuras se fabriquaient chaque année à las Ventas, devant le public le plus exigeant du monde, et que les figuras de l’époque se colletaient aussi à une grande variété d’ « encastes », mais je ne suis pas naïf au point de penser que les « putadas » de composition de cartel,  les « sorteos » truqués et les exigences au niveau des élevages et des « veedores », datent d’aujourd’hui. Elles ont atteint simplement, pour certains élus, l’insupportable.

Et « le pico », c’est facile. La muleta va chercher la pointe de la corne extérieure. « pico !!! ». Sauf que tout de même, lorsqu’il y a « pico » et « toreo décroisé » on est dans le mensonge et les « borregas », car ce qu’on a bien vu hier, c’est que les toros « encastés » ne supportaient pas le « toreo décroisé », et que ce «toreo  décroisé », dans ce cas, mettait le torero en grave péril. Ceci dit, je dis cela peut être pour lancer un débat, comment, étant très « croisé » par obligation devant un toro très armé, non parce qu’il est très armé mais parce qu’il est « encasté » et ne tolère pas autre chose, peut-on le citer sans mettre du « pico », au moins si on ne le cite pas à 15 mètres. Il me semble que l’important sur le premier cite est de faire passer la corne intérieure, avec toutefois le danger qu’en mettant « trop de pico » le toro vous voie, et Dieu sait que ces toros regardaient l’homme puis la muleta et inversement,  c’est d’ailleurs la raison pour laquelle, les apprentis toreros qui ne savent toréer que « décroisé » et avec un maximum de « pico », ce qui, finalement semble être la seule chose qu’on leur apprenne en école taurine, courent finalement de graves dangers quand par hasard un toro sort avec un peu de « genio ». Mais je n’exclus pas de n’avoir rien compris: je demanderai l’arbitrage des gueulards de service.

Je le répète, j’ai vécu deux heures trente de bonheur, avec des toros toujours intéressants, de comportement variable, ce qui est la moindre des choses avec des toros « encastés ». Je souhaite seulement qu’on ne tombe pas d’un excès dans l’autre qui serait tout aussi mortifère pour la corrida. La corrida ne peut pas vivre sans public. Et toutes les plazas n’ont pas la chance de ces quelques  plazas françaises où la corrida coïncide avec la « fête ». Ce que j’ai vu ce dimanche me paraît un excellent compromis, où tout le monde a trouvé son compte. A méditer pour les « figuras »,les organisateurset les "éleveurs".