J'en ai plus Cassez!
Cette friCassez de jérémiades,
Finit par me les briser
Et me Cassez les pieds.
Si ça continue je vais me Cassez avec gros Gégé,
Cassez une croute avec Poutine.
Navalon de tentadeo
Navalon de tentadero. Photo de Carmen Esteban avec sa permission
dimanche 27 janvier 2013
mercredi 9 janvier 2013
Entre écoeurement et tristesse!
Entre écœurement et tristesse, voilà, oui, écœurement et tristesse,
ainsi commence cette putain d’année 2013, après cette putain d’année 2012, sans
parler des précédentes.
Un bon point, je ne fume toujours pas et ce, depuis le 2
janvier 2012, précisément. Mes poumons ont des ampleurs de cornemuse, je ne
sais en fait si c’est bon ou mauvais, c’est quelque chose que j’ai réussi. Avec comme l’œil dans la tombe de Totor, l’envie
de fumer, qui me cligne de l’œil tel un travelo au bois de Boulogne. Voilà,
pour le reste ! Rien !
Tristesse donc, tristesse oui, tant de sujets de tristesse !
On me dit, que le libéralisme est le comble de la liberté. Voui !!!!!!
Moi, je veux bien. En même temps, je lis, je lis, toujours sur le même sujet.
Cette gauche dont je suis qui depuis l’après-guerre a toujours perdu ses
combats.
Et si on regarde bien, c’est elle, cette gauche, diverse, bigarrée,
divisée, sectaire, qui a perdu la Guerre d’Espagne, même si, le fameux non interventionnisme
n’y est pas pour rien.
Et parce que je vois des points communs terribles entre les deux
périodes, je me dis que nous allons en
chier.
Car regardez bien, non seulement, il se savait que les riches
avaient le pouvoir, subtil et souterrain, c’étaient les années Pompidou, là
non, c’est en toute lumière, cynisme et impunité.
Mais bon, lorsque le travail est si rare qu’il est le fait
du Prince, lorsque les gens ont tellement peur de le perdre qu’ils en
deviennent veules, faibles ou malheureux, lorsque TOUS les corps constitués, je
dis bien TOUS, communient à cette religion immorale, alors, les riches abusent.
Et insensiblement, inexorablement, on va vers quelque chose de violent ou de
révolutionnaire peut être.
Etre de plus en plus riche en faisant de plus en plus de
pauvres serait une expression définitive de la liberté.
Et lorsqu’on cède devant les protestations grotesques des
soit disant Pigeons ces zombies en majorité de la bulle Internet, ces patrons branleurs
et asociaux qui n’embauchent que des auto entrepreneurs, à mes yeux, on se discrédite
totalement, et surtout, on ne peut pas gouverner en faisant plaisir à tout le
monde. Les pigeons eux, n’ont pas
renoncé à leurs délires de Loto. Ils ont foutu l’économie en l’air, ils
continuent. Cette ère est celle du virtuel. Mais ils ont gagné, écœurement !
Mais quel besoin nom de Dieu, lorsqu’on est sûr de sa
doctrine, et de son modèle de société, d’aller faire diversion avec des
problèmes dits « sociétaux ».
Cette putain de société de communication, surtout lorsque
cette communication professionnelle, vide de tout sens des postures après tout
admissibles, pour leur substituer des dogmes. On fuit la complexité, au profit
du dogme.
Et regardez bien, ces empaffés du FMI, viennent de s’apercevoir
que dans leur modèle mathématique de la rigueur ils se plantaient, et qu’en
fait, elle appauvrissait bien plus que prévu, la rigueur !
Ce n’est pourtant pas si difficile à comprendre. Le monde
serait donc à la merci d’une erreur de
raisonnement, voire encore pire, d’une erreur de calcul d’un crâne d’œuf. De
qui se moque-t-on ?
Ecœurement, le bouddha Depardieu qui se prend pour un
penseur. Et toutes les chaînes qui relaient cette connerie d’ivrogne. Voilà donc, la liberté serait en danger.
Mais nom de dieu, lorsqu’il y a des problèmes aussi lourds
que le chômage, que cette misère qui s’abat sur des familles qui ne demandent
qu’à travailler, on nous rebat les oreilles avec le mariage homosexuel, ou son
débat à l’école, ou que sais-je, ces putains de 75 pour cent qui ne rapportent
rien, je me dis que cette communication est pitoyable, car les symboles si on
regarde bien, c’est extrêmement dangereux.
Car le seul symbole triomphant, aujourd’hui, on l’a
introduit dans le quotidien des gens : la bourse, les pipoles, le pognon.
Franco était un virtuose du symbole : l’Alcazar de
Toledo, la « mano incorupta », peut-être même d‘autres encore plus innommables.
Nous c’est le pognon, les états d’âmes de Madame Parisot, de la Bourse et des
Agences de cotation.
Alors laissez donc le symbolisme où il est, c’est-à-dire dans
la poésie, et faites enfin de la politique, celle pour laquelle vous avez été
élus. Bien sûr que c’est difficile, surtout lorsqu’on n’est pas tout à fait
convaincu ! Après tout à l’ENA, on doit choisir son camp en fonction de son
projet de carrière, ce qui simplifie les « questionnements », comme
dit mon psy.
Je dirai seulement « tristesse » car les problèmes
ne sont vraiment pas de la même ampleur :
je parle de la paupérisation de la société, du cynisme, de l’absence de vraie
politique, par rapport au minuscule problème de la corrida.
Et là, on nous promet un virage à 180 degrés, et ce, avec
les mêmes toreros, les mêmes organisateurs et les mêmes toros au moins encore pour
3 ou 4 ans, car les « camadas » sont faites.
Donc entendons-nous bien il faut du Prieto de la Cal, pur
Veragua, on se marre, du Cuadri, partout, de l’Escolar partout, et surtout du
Portugais partout.
Problème tout de même, les camadas sont faites, donc on va
devoir racler dans les fonds de tiroirs ou se rabattre sur d’improbables pures origines !
Et, encore plus grave, dans cet improbable mouvement de
balancier, il va falloir que systématiquement les toros partent du centre de l’arène
sur les forteresses volantes piqueuses qui n’ont rien d’abeilles mais plutôt de
plateformes de forage.
Eh bien, pas seulement pour emmerder, je dis qu’un manso peut partir de très loin sur des piques, et si
le cite bras levé du picador est beau, il ne doit pas occulter que le toro se brise
sur le cheval, qu’il est piqué très en arrière, ou tombé sur l’épaule, et que
de fait, la carioca est automatique. Je veux dire que répéter cela au moins
deux fois sinon trois, ne signifie rien, que cela dure trop longtemps, et que
le toro s’y détruit.
Sans ajouter que le picador présente le flanc du cheval, où
il est le plus protégé et non l’épaule, évidemment, ce qui entraine
mécaniquement une jolie carioca sous les vivats de la foule.
Passer d’un extrême à l’autre est tout simplement une ânerie.
mercredi 5 décembre 2012
Les maitres des forges
&
On pourrait, pour une fois, rire
de ce qui se passe à l’UMP. Surtout lorsqu’on est de sensibilité de gauche,
comme on dit.
Je n’y parviens pas, car, de mon
point de vue, c’est bien autre chose de bien plus grave que les destinées des
deux notables et de quelques autres.
On feint de découvrir que les
militants, toutes sensibilités confondues, ont tendance à bourrer les urnes, et
aussi de s’en offusquer lorsqu’on n’en est pas bénéficiaire.
C’est bien notre démocratie qui
est malade et ça c’est très grave, à mes yeux.
Ceci suffit à expliquer mon sentiment de
malaise, au-delà, parfois, du vrai comique de la situation.
&
Rien n’est donc simple en
politique, en dehors des campagnes électorales. Il me semble qu’une nouvelle
fois, Mittal a bien enfumé son monde,
bien que les hauts fourneaux soient pratiquement à l’arrêt.
Montebourg a menacé de démissionner. Je regrette qu’il ne l’ait pas
fait.
Bientôt de ce site ne couleront
plus que des larmes brûlantes, puis tièdes puis froides. Là, pétrifiées, elles
n’intéresseront plus personne.
Malaise, malaise, malaise, la
logique industrielle et ses dures réalités ont le beau rôle. C’est toujours
ainsi, la terrible loi du plus fort. Il faudrait que ces bons ouvriers
comprennent enfin combien le métier de patron spéculateur est dur. Demandez
donc à Madame Parisot !
Malaise et compassion. Se
retrouver sans travail ni espoir est tout sauf anodin, même si, c’est vrai la
variable d’ajustement humaine est la plus sollicitée, jusqu’à devenir le seul
outil de gestion. Et malheur à l‘innocent qui mettrait en cause des stratégies
industrielles à courtes vues, la recherche exclusive de coups et de profits
immédiats, l’absence de vision de ces dirigeants. Cet innocent-là ignore tout
de l’effroyable complexité de l’économie mondialisée, et mettant à cause les
nouveaux « maîtres des forges »,
est tout simplement irresponsable, et s’il continue à ergoter il pourrait bien
les inciter à rendre leur tablier, pour s’installer à Monaco ou à Bruxelles. Et
là, on ne vous raconte pas ! Moun
Diou !, comme on dit chez moi.
Montebourg a le menton volontaire, il fait de beaux effets de
manches, il parle beau aussi, en gourmandant, et dégustant ses silences, pleins de sous-entendus, comme
dans un prétoire ringard de province. Sauf qu’ici, en face il y a le père Mittal, qui se marre et qui n’en a rien
à foutre de la France, de ses dirigeants et encore moins de ses ouvriers.
Nationaliser, c’était une bien
chouette idée, même Borloo ne détestait
pas. Mais, la presque totalité de l’industrie lourde sinistrée française,
chantiers navals par exemple, serait très intéressée aussi par cette
perspective. Ne le mérite-t-elle pas, cette industrie lourde sinistrée ?
Ça devient vachement compliqué non ?
Donc, vous allez voir, le père Mittal, on va le mettre au pas.
Pourquoi ai-je ce sentiment de
malaise ?
&
Et puis, il est question de
couvrir Las Ventas ! Vous
imaginez cela ? Couvrir Las Ventas,
comme une vulgaire cocotte-minute. Décidément, une sourde malédiction court sur
les arènes espagnoles. Sans parler de celles de Badajoz, pour des raisons autres détruites et transformées je ne sais
si en centre commercial ou en palais des Congrès. Dans ses Yeux Noirs, Olivier Deck
a écrit une formidable nouvelle apocalyptique sur Las Ventas, transformées en cyber
plaza de toros, où chacun pouvait se composer par ordinateur la faena de
ses rêves.
Ma chère Carmen la Comtesse du papier d’emballage est par avance anéantie,
sans parler d’Angel, mon « hermanito » de Las Ventas, mon cher Coro, dont j’attends des réactions plus précises.
Pourquoi ai-je ce sentiment de
malaise.
&
Tiens donc, le petit Michelito a pris son alternative. Il est
matador de toros à 14 ans.
Son petit frère Andresito
est dans les starting blocks, aussi.
Bientôt l’heureux papa, ex torero
plutôt modeste, pourra monter des
spectacles taurins clés en mains, Andresito
et Michelito et des toros de la casa.
Pourquoi ai-je ce sentiment de
malaise ?
&
L’allumé du Boucau n’en finit pas
d’écrire des éditos vengeurs où il est question de vrais toros et d’éthique, oui,
vous avez bien lu, que les talibans irresponsables n’auraient pas désavoués il
y a quelques années. Il va où la gamelle est bonne le sin verguenza !
Et là, pas de sentiment de
malaise devant ce cas d’amnésie gravissime. Il est égal à lui-même, seulement ! Un voyou intellectuel!
&
lundi 19 novembre 2012
Comptabilité mortelle
Suite à la parution de l’article
précédent, aux commentaires de Gina
et Maja Lola, et à trois contacts
hélas « off » concernant ce
texte, je voulais répondre en commentaires mais à la réflexion, je pense que le
sujet mérite un développement autre.
En gros, on me fait remarquer que
le décompte scrupuleux des victimes est assez inutile car, qu’ils soient, 35000
ou 40000, voire 200 000, par exemple, cela ne change rien à l’affaire. D'autant qu'en plus, par exemple lorsque la France réprima la révolte des malgaches, en 1947, elle laissa sur le carreau pas loin de 70 000 victimes et inaugura une façon de se débarasser les "sorciers" qui prétendaient protéger les malheureux des balles, en les précipitant vivants des avions sur les villages.
Certes, j’entends fort bien cet argument, d’autant qu’on a fait bien mieux
depuis que pendant la Guerre d’Espagne et après.
Mais je voudrais dire que cette
Guerre d’Espagne, à laquelle je voue une passion surement excessive, me parle
beaucoup de thèmes qui sont d’actualité : ces gauches qui seront toujours
condamnées à l’impuissance, par leurs divisions, ces droites qui savent
toujours se mobiliser autour d’un « chef ».
Ou encore, la difficulté pour la gauche d’être un parti de pouvoir, alors que
celui-ci fait partie intégrante de la culture de droite pour laquelle il est un
dû.
Certes, en Espagne, en 36, la
République restait quelque chose de fragile, un colosse aux pieds d’argile, qui
s’effondrerait, victime certes de Franco
mais aussi de ses divisions, de ses contresens révolutionnaires, de son
immaturité, mais aussi de son manque de « chef
de guerre » ; chefs de guerre que n’étaient ni Manuel Azana, ni Indalecio Prieto, ni Largo
Caballero, ni Companys, ni Aguirre, ni Giral, ni Casares Quirogas
ni, encore moins Besteiros. Le seul
qui aurait eu cette dimension étant probablement Negrin, arrivé trop tard, alors qu’avec la chute du Nord de
l’Espagne, la messe était dite. Sans oublier les anarchistes, dans leurs
différentes déclinaisons, qui voulurent faire la révolution pour gagner la
guerre et furent à l’origine des émeutes de Barcelone, en 1937, qui causèrent
la perte de Largo Caballero, avec la
chute Malaga, tout en approfondissant
la rancœur entre les communistes et certaines tendances de la gauche.
Ces communistes ou sympathisants
qui avaient fait un énorme travail de reconstruction d’une armée républicaine
inexistante, avaient su organiser la défense de Madrid, mais hélas, par la
suite, les défaites se succédant, étaient entrés en conflit ouvert avec
certaines composantes de la gauche, exportant, en particulier les ignobles purges anti
trotskistes ou plus généralement staliniennes,
dont la victime la plus célèbre fut Nin,
le leader du POUM, disparu corps et
âme, après avoir été torturé.
Ceci je l’écris à contre cœur,
car j’aurais aimé ne voir que de la noblesse et de l’héroïsme désintéressés
dans les agissements des républicains de tous crins. Mais c’est vrai aussi que
cette République fut trahie, condamnée, isolée par le non interventionnisme cher
aux anglais, alors qu’Italiens et Allemands agissaient en toute impunité. C’est
vrai que la malheureux Blum avait
envoyé dans le sillage des mercenaires, par ailleurs hors de prix de Malraux,
des avions dépassés techniquement et surtout désarmés.
L’aide de Hitler fut quasi immédiate avant la fin du mois de Juillet, et
spécifiquement envoyée au seul Franco,
qui par là même, consolidait sa position de leader. Les italiens allaient
suivre immédiatement.
Cette aide permit surtout de
commencer à injecter des troupes cantonnées au Maroc, par voie aérienne, Tercio et Regulares, troupes disciplinées, impitoyables,
bien armées et entrainées, dont la seule vue faisait se disperser les milices
républicaines, désarmées, non encadrées et suprêmement désorganisées pour ne
pas dire bordéliques.
Au Nord, dans la Navarre carliste, Mola avait pris le pouvoir à
Pampelune, sans difficulté, et disposait de la milice armée des Requetes, que la République avait laissée
se développer avec l’aide en particulier des italiens. Cette milice était
nombreuse, très performante et valait les troupes marocaines.
Cette montée du Sud vers Madrid,
en particulier par les troupes de Yague,
fut d’une violence inouïe, face à des milices inexistantes, sans commandement
et désarmées avec la terrible prise de Badajoz
et le massacre dans les arènes, et ce dès la mi-aout. Badajoz payait deux choses : le fait d’avoir été le théâtre de
collectivisations de terres pendant le premier semestre 1936, mais aussi de
permettre de contrôler l’accès au Portugal, tout en permettant de faire par
l’Ouest de Madrid, la jonction entre les armées de Mola et celles de Franco.
Yague
répondant à un journaliste avait affirmé que oui, on avait fusillé en masse,
car on n’allait tout de même pas laisser derrière soi 4000 « rojos ». Les nombreux journalistes dont Neves et Allen, et surtout le photographe français Brut, passés par Badajoz ayant produit des articles
et photos extraordinaires furent discrédités, surtout Neves
qui était portugais, alors que le Portugal dès le début apportait un soutien
sans condition à Franco, facilitant
en particulier les livraisons d’armes.
Pourquoi cette digression
apparente ? Et bien tout simplement parce qu’on touche au cœur du
problème. Les britanniques qui ne voulaient pas fâcher Hitler, préféraient Franco
à la République. Les lobbies catholiques s’étaient rapidement rangés aux cotés
des franquistes, informés ou manipulés par la hiérarchie espagnole. Et on
entrait dans ce qui allait devenir une façon d’être du franquisme : le
déni. Badajoz serait une invention, Guernica aurait été incendiée par les « rojos » et de Durango on ne parlait même pas.
Il est curieux de constater que
la très bien-pensante Croix Rouge était présente pour les massacres rouges de Paracuellos, mais n’avait pas jugé bon d’être
à Badajoz, ni à Guernica, ni à Durango ni
même dans toutes ces villes décimées lors de la marche des troupes marocaines
vers Madrid. Il est vrai que dès le
départ les rebelles surent contrôler l’information dans leurs lignes, y compris
par le meurtre ou la terreur, alors que la République, forte de son soutien par
nombre d’intellectuels facilitait plutôt, au moins au début, l’accès aux informations.
En tous cas, pour définitivement
en venir au thème de cet article, il est curieux de constater combien Franco
avait compris l’importance des chiffres, quitte à les manipuler, par l’intermédiaire
de la Causa et son fameux score de
parité, car en Espagne les vainqueurs écriraient l’histoire, leur histoire, pendant pratiquement 40 ans.
Le déni a également très
longtemps été la règle, relayé par les medias, et la totalité de la classe politique
et religieuse.
Il me semble que l’on doive
considérer ce décompte morbide et masochiste, d’une certaine façon, comme la façon,
ou une façon, précisément de démonter un système basé sur le mensonge
institutionnalisé, mais aussi in fine d’essayer de comprendre comment un homme
aussi terne, aussi dénué de tout charisme, que Franco ait pu rester au pouvoir pendant près de 40 ans. On peut
tenter l’explication qu’en fait, il servait une partie de la population
précise, qu’il favorisait et gratifiait en permanence. Ainsi, il gratifiait une moitié bien-pensante de l’Espagne
tout en réduisant au silence le plus douloureux, l’autre moitié.
Pour Franco, la guerre ne s’achèverait qu’avec sa mort.
jeudi 8 novembre 2012
Pio Moa pape du révisionnisme espagnol
Pio Moa, dont on dit qu’il était
l’auteur fétiche d’Aznar, termine « los
mitos de la guerra civil », par une fulgurante affirmation. Encore faut-il
au préalable faire une remarque : ce titre vient évidemment grossièrement
en contre du fameux « les mythes
de la croisade de Franco » du formidable Southworth, qui lui avait lu tout ce qui avait été écrit sur la
Guerre d’Espagne, et possédait une
bibliothèque invraisemblable. Son
œuvre pratiquement se limite à ce « mythe »,
œuvre de toute une vie d’études et la
narration de Guernica. Autrement dit,
à l’inverse de Monsieur Pio Moa, ex activiste gauchiste converti, ce sont les
pires, il éplucha tout, et y dédia sa vie entière, jusqu’aux moindres recoins,
démontrant en particulier quand les gens parlaient de livres qu’ils n’avaient
pas lu, ce qui est encore très fréquent de nos jours. Rien n'est plus simple qu'alimenter une bibliographie, voire même de pomper des citations pour faire penser qu'on a bien lu l'ouvrage.
Donc je vous délivre la pensée de
notre fabricant de best seller
historiques : « le thème est
entré dans la littérature ET Le cinéma, toujours avec le même mélange d’ignorance
et de sectarisme, tandis que diverses associations promeuvent des campagnes de
propagande autour de telle ou telle « fosse commune » découverte,
autour de tel ou tel cadavre, sans oublier, la référence constante à Garcia
Lorca, afin de maintenir ouverte la plaie sous prétexte de « récupérer la
mémoire historique »….tout en condamnant à l’oubli, c’est clair, les
victimes de l’autre camp, sacrifiées, en définitive, par « l’indignation
populaire ».
Est-ce un hasard, on dirait du
Mundotoro et du Dédé dans le texte, lorsque ce dernier malotru s’insurgeait contre le « devoir de mémoire », à peu près dans les mêmes termes.
Mundotoro, cela se comprenait car il appartenait à l’omnipotent Jean Pierre Domecq, dont les idées gauchistes
n’échappaient à personne. Dédé dont la carrière taurine fulgurante doit beaucoup
aux prévenances des socialistes landais, je comprends moins bien, quoique nous
ayions tous pu commettre des erreurs de jeunesse et de jugement. A moins qu’il s’agisse
simplement d’opportunisme ou de « marquetinge »
qui lui a plutôt bien réussi, dans le sillage de la richissime et très influente Esperanza Aguirre, comtesse de Murillo et du PP, qui dut récemment se retirer de la Présidence de la Communauté de Madrid, pour de sérieuses raisons de santé, un flirt non
moins prononcé avec certains media, et une proximité assez douteuse avec ce que
l’extrême droite a de plus présentable, la CEU, refuge doré des membres du PP virés
par l’arrivée de Zapatero, et engraissés sous la mère en vue d’un lendemain
prometteur, sans parler du flamboyant Ambassadeur de France à Madrid qui
utilisa nos deniers pour promouvoir le visionnaire des dunes. Ca je l’ai encore
en travers du gosier ! Et je me souviens avec la nausée des commentaires lorsque l’ouverture de la fosse de Viznar où
était censé être enterré Federico Garcia Lorca s’avéra improductive. C’était
dit, le sieur ne reculerait devant aucune compromission, pourvu que le vent fût porteur. Il suffit de le lire
actuellement, exactement à l’opposé de ce qu’il nous infligeait auparavant,
lorsqu’il brandissait un anathème haineux contre les « talibans » et autres « ayatollahs », dans tous les cas « irresponsables » de ne pas voir ce que ce toro moderne
avait de bouleversant et brave, mais aussi coupables de critiquer les « figuritas » si « nécessaires » au devenir de
la corrida, par le remplissage présumé des arènes. Figuritas qui par ailleurs étaient les seules à savoit tirer un profit optimum de ces fauves impitoyables, si difficiles à toréer.Il semble d'ailleurs qu'il ait procédé à un tri soigneux dans ses textes, une manière de "limpieza" à la façon du héros de ses amis.
En tous cas, il est
extrêmement faux de dire que les
victimes des républicains ont été ignorées, et ce, au moins pour deux raisons
essentielles :
- la
première étant évidemment que les vainqueurs franquistes les ont recensées jusqu’à
la dernière, quitte d’ailleurs à gonfler
la note. La fameuse « Causa »
a largement œuvré dans ce sens. Et pour démontrer combien elle était équitable,
elle admettait un score de parité, 50 000 de chaque côté. Mais l’histoire
progresse toujours, les archives finissent par s’ouvrir ou être exploitées, en
particulier par recoupements de différents documents et témoignages, et, en
intégrant les victimes de la répression d’après-guerre on arriverait à un
rapport de un pour cinq. Cela a demandé
un travail extrêmement minutieux qui, communauté par communauté, n’a pu être
mené à bien que largement après la mort de Franco, et même durant la "transition", on ne facilita pas la tâche aux curieux. Aujourd’hui on estime qu’un décompte exact a
été établi dans pratiquement 80 pour 100 des communautés, ce qui autorise des
extrapolations plus fines.
- la seconde raison est que les sympathisants de
la République regrettent les inutiles massacres de curés qui portèrent un tort
énorme à la République ainsi que le massacre de Paracuellos et autres « paseos »
ou « checas ». D’ailleurs,
les différents gouvernements de la guerre, républicains, s’entend, tentèrent d’endiguer cette violence imbécile
et nuisible, car très contreproductive vis-à-vis des si puissants lobbies
catholiques de l’étranger. Ils y parvinrent plus ou moins pour les meurtres des ecclésiastiques qui eurent lieu en très grande majorité pendant les 6 premiers mois de la guerre. Et il est évident, qu’avec les lois de « responsabilidades » franquistes qui
permettaient de poursuivre quiconque était soupçonné de sympathie pour la
République, et ce, entendons nous bien, car les derniers fusillés et garrotés du franquisme le furent dans les années 70, donc, ce quiconque, qui s’opposait soit concrètement soit par simple passivité au « glorieux mouvement », risquait très gros, on
voit mal pendant les 40 ans pratiquement du règne franquiste qui pourrait
revendiquer un parent « rojo »
victime de la répression franquiste. C’est en tous cas cette parité que
soutient notre activiste gauchiste
repenti, à l’heure où cela ne fait même plus débat. J’ai beau lire des ouvrages
d’historiens franquistes, je n’y vois jamais le moindre repentir, mais plutôt
une négation obstinée de faits maintenant totalement avérés, et toujours en les
minimisant voire en les justifiant.
Mais en fait, les plus de 500
pages de « Los mitos de la guerra
civil », dont celui que je possède est la 36ème édition,
veulent démontrer que « Toutefois, Franco ne pensait pas s’être
rebellé contre une république démocratique, mais plutôt contre un péril
révolutionnaire extrême. Avait-il raison ? Si les faits exposés dans
cette investigation sont corrects, ce dont je suis sûr, il est certain qu’il avait raison». C’est
sa conclusion.
Et ici, on se retrouve au cœur du
raisonnement des « révisionnistes »
espagnols : à savoir, ce sont les républicains espagnols, les socialistes, anarchistes franc maçons et communistes espagnols qui ont initié la
guerre en 1934 lors de la grève révolutionnaire, qui par ailleurs avait lamentablement échoué en
particulier à Madrid, fief pourtant du « pseudo
révolutionnaire » Largo Caballero, et à Barcelone où la CNT était si
puissante. Seuls les mineurs des Asturies luttèrent et furent matés par un
certain Franco et ses troupes marocaines, en particulier. Mais surtout, pour ces "historiens" rien dans la société espagnole ne justifiait un tel déferlement. L'Espagne était dans un mode légèrement perfectible mais plutôt idéal: Roi, Armée, Eglise, Possédants de tous ordres. Même d'ailleurs les plus modestes possédants en particulier agricoles, à condition qu'ils vénèrent l'Eglise, dont Franco tira, aussi, sa force.
Si on suit ce raisonnement, on
peut aussi dire, que ce mouvement insurrectionnel avait pour origine la reprise
en main par la droite en 1933 du pays, suite à des élections, par ailleurs
perdues par les républicains, en grande partie à cause de l’attitude stupide de Largo Caballero,
droite qui s’ingénia à essayer de revenir sur toutes les tentatives de réformes
structurelles des républicains entre 1931 et 1933.
Mais aussi bien sûr qu’il y avait
eu dans cette première période les émeutes anarchistes, en particulier celle de « Casas Viejas » qui firent vaciller
le fragile équilibre maintenu autour de Azana,
mais aussi la tentative de « pronunciamento »
de Sanjurjo, que pour leur malheur,
les républicains réprimèrent avec une facilité extrême. Pour leur malheur car, durant le premier semestre de 1936, quand tout Madrid bruissait des préparatifs de la
révolte des généraux, encadrée par Mola, il y eut des socialistes en
particulier, qui semble-t-il pensaient que ce serait une nouvelle « sanjurjada » et qu’elle serait
réduite facilement, et qu’enfin le régime socialiste en sortirait renforcé.
Bref, suivant ce raisonnement
jusqu’au bout, ce dont se garde bien notre plumitif, c’est lorsque les
républicains arrivèrent au pouvoir en 1931 et instaurèrent la Seconde
République, qu’ils déclenchèrent la Guerre d’Espagne de Monsieur Pio Moa. Ce
qui par ailleurs signifie bien qu’il y eut un choc frontal entre deux Espagnes :
une qui voulait un changement radical, l’autre qui s’arcboutait sur ses
privilèges.
vendredi 5 octobre 2012
Merci Carmen
Allez qui a mieux parlé de flamenco et de toros que mon
inestimable Carmen, Condesa de Estraza .
Parfois, nous qui n’avons pas le « duende », essayons d’expliquer des choses, comme
l’amour de la corrida, son sens, alors qu’il n’y a rien à expliquer.
Comme expliquer le flamenco que je ne connais pas, et ces
voix qui vous retourneraient comme des chaussettes.
Alors la Carmen, la Comtesse du papier d’emballage, nous
balance Mina, sa « prima », cousine probablement de sensibilité.
La prima est une chanteuse italienne des années 60 70. 69
plus exactement en ce qui concerne le titre.
Alors la Carmen, ma Comtesse du papier d’emballage parle de
cette obscurité, « obscuridad », et que pour chanter ainsi, il faut être torera.
Allez comprendre, ou écoutez.
Sauf qu’il existe beaucoup d’enregistrements, où elle chante
d’une voix claire et mesurée. Et puis on
se dit que c’est bien mais sans tellement d’intérêt.
Et puis ce « live »,
voix rompue, sombre, au bord de la rupture, et consciente qu’elle touchait
quelque chose, elle y va à fond.
Moi je pensais à Brel, ce soir-là, il y a si longtemps, à
Niort, qui avait rodé « Amsterdam », et le public, tétanisé
quelques secondes avant d’exploser.
Entendons-nous bien, je ne fais pas le parallèle entre deux
chansons qui n’ont rien à voir.
Je parle d’âme, et de chanteurs.
Brel était mauvais sur les enregistrements.
Ici, la voix est rauque, sombre, difficile dans tous
ses exploits.
Mais voilà, lorsque c’est trop facile, le « duende » se marre et se
tire. Car c’est un morpion.
Ecoutez bien en quels périls se met cette formidable
chanteuse.
Oui, seuls « les
sons noirs ont du duende ».
Merci Carmen de
rappeler que le toreo c’est autre chose que la facilité !
Nous avions oublié la prise de risque de l'art!
Nous avions oublié la prise de risque de l'art!
http://www.youtube.com/watch?v=tdMiLCTdHjE
j'oubliais, le texte original de carmen est ici:
http://depezonarabo.blogspot.fr/2012/10/non-credere.html
j'oubliais, le texte original de carmen est ici:
http://depezonarabo.blogspot.fr/2012/10/non-credere.html
mardi 2 octobre 2012
La resaca
La « resaca »
voilà le mot. La « gueule de bois »,
en français, ça a moins de gueule. «
Resaca », c’est la traduction de « ressac »,
on comprend mieux.
Donc allons y pour « resaca ».
Comme la mer qui monte et se retire, en laissant des morts.
La mer est montée à Grenoble, et a laissé des morts, lynchés
de la plus dégueulasse des façons, par des infrahumains que nous avons fabriqués comme tous nos fils.
Que dire ? J’en ai assez de culpabiliser.
Ceci n’a aucune excuse, c’est dégueulasse.
A force aussi de compromissions du type, laissons les
banlieues aux « dealers »,
au moins ils créent un flux d’argent.
Toujours ce fric sang, sève, et ces populations au moins basculeront
sous le contrôle de quelques pourris bien-pensants. Mais ce sang irrigue aussi
les moins lotis, qui veulent y accéder.
Je ne sais pas qui ils sont et je m’en fous.
Branquignoles, analphabètes que nous avons fabriqués, manières
de scories.
Je jure que je n’ai pas voulu cela.
Et comme un écho, nos champions olympiques se font prendre
la main dans le sac.
Cela n’a aucune excuse, vulgarité, connerie, veulerie.
Là il n’y a pas eu mort d’homme, c’est vrai, et certainement
nous sommes dans les jeux de l’argent, forcément moraux.
Je me demande tout de même si quelque part, nous ne sommes
pas morts.
Amen !
Inscription à :
Articles (Atom)










