Navalon de tentadeo

Navalon de tentadeo
Navalon de tentadero. Photo de Carmen Esteban avec sa permission

lundi 23 août 2010

Adios Chulo

Ce sera donc, Adios Chulo, le titre de ce blog.




Il m'est venu ainsi, et je ressens le besoin non de m'en justifier, car je refuse l'idée même d'avoir à me justifier, mais de comprendre. A la retraite, on a aussi le temps de s’appesantir sur d'inutiles considérations.



Depuis quelques années, l'ami Olivier me disait d’ouvrir un blog, certainement, trop confiant en mes capacités créatrices l'ami poète.



Je déposais quelques textes ou commentaires dans des blogs amis, Marc, Xavier, Ludo parfois même en Espagne. Alors, maintenant, ceux qui voudront bien entrer en dialogue pourront le faire, à visage et identité découverte. De toute façon je ne suis en rien significatif dans le monde taurin et l’email de relai qui est donné ici, permettra d’éviter trop de « spam » sur le mien.



Maintenant, j'ai envie de m'adresser à ce Chulo, tout en redoutant des symptômes d'une schizophrénie tardive et fulminante, alors que jusqu'alors je m’accommodais bien de gentilles névroses de monsieur tout le monde, que souvent par abus de langage, on affuble du qualificatif de paranoïaques.



Reste tout de même la crainte de ce voisinage redoutable avec quelques plumes.



Olivier bien sûr, celui qui récemment m'a dit, qu'il n'écrivait plus sur la corrida, « c'est mon coté Curro », avait t'il ajouté et dès le lendemain rouvrait un blog. Chulo, je pense que tu as la même nostalgie que lui de l'avant, je veux dire l'avant corrida, ce qui tendrait à prouver que pour certains, la corrida serait surtout un acte d'amour, comme l'art. Je l'imagine assez bien, l'Olivier, en loup solitaire, souriant à l'ange de Lorca, yeux, papilles et narines en l'air. Je dois avouer que lors des pèlerinages à las Ventas, j'étais plus Chinchon collectif que café et verre d'eau glacée solitaire. Il a aiguisé sa plume de lumière, de soie et d'or à la pierre râpeuse de la vie et du travail solitaire d'écriture, découvrant parfois des fissures ensevelies qui ont le rude éclat de l'épée derrière la muleta. Ce sont ces possibles aspérités que j'aime chez lui, dans leur enveloppe de détachement élégant et tolérant, d'or doux cuivré de Tolède, et sa façon de voir la littérature ou l'art partout, comme une dignité inaliénable de l'homme, peut être la dernière ou plutôt la seule liberté maintenant. Je pense qu'il a raison.



Ludo et ses mots braseros, poète aussi, enseignant, de ceux que j'aime, moi fils d 'instituteur », à l'ancienne, dira t'on, s'agissant de mon père, sans que cela soit le moins du monde péjoratif. Attentif, excessif, génial, mystérieux et transparent. Allez savoir comme le « hondo » du « cante » le consume. Chulo, sans avoir cette expérience, tu sais que parfois, pour moi, le silence parle mieux que les mots , lorsqu'ils ne sont pas de feu ou d'air, et consume la médiocrité dans un brasier tiède. Et puis peut être me pardonnera t 'il, Ludo, alors qu'il le sait, je suis ignare en flamenco, je me dis que mon grand Jacques Brel, est le plus flamenco de tous les nôtres, dans les mots, lorsqu'il s'est arrêté pensant avoir tout dit, ou plutôt, ne se renouvelant plus. C'est que fabriquer du noir, du son et du souvenir de soi, dans les mots, de ce noir qui se suppose au début ou se pressent, puis, vous noie, vous dévore, dans une mer d'encre, et vous donne envie de la lumière d'un cri suivi d'un silence ou d'une respiration d'un coup nécessaire n'est ni simple ni difficile. C'est simplement impossible sans ce morpion de duende. Nous sommes loin de ces étreintes furtives et effusives de ce flamenco inutile de pacotille comme une faena de Ponce qui fait se trémousser nos dames dacquoises chères à Xavier, de la Pena du même nom. Qu'il se rassure, en des temps lointains, et ce ne peut être d'elles dont il s'agit, j'en ai connu certaines qui revenaient de séjours de 2 jours chez « leur » coiffeur de Paris avec l’accent délicieusement et élégamment pointu. On a le « hondo » qu'on mérite, Federico en est peut être bien mort, tu sais, « le tire dos balas por el culo, por ser maricon ».





Le Sud Est Taurin, je le connais mal. Ma vie professionnelle m'a souvent conduit en ces lieux pourtant. Je l'assimile à tort à Nîmes, pour le taurin de là bas, que je connais peu. J'avais déjà croisé la route singulière de Marc, et son livre à compte d'auteur. Depuis je pollue un peu son blog. Mais bon, c'est ainsi. Écriture généreuse souvent, un peu rebelle et inventive. Toujours intéressante. De lui je ne connais que sa voix au téléphone, singulièrement douce, comme timide. Je le traite de « malaxeur de cellulite », mais j'aime beaucoup sa façon de ressembler à cette terre qui se cache pour rire vraiment. Car, ne nous y trompons pas, rien n'est moins évident que les douceurs du Rhône ou le soleil sur la Camargue, ou les tapes dans le dos et l'accent de Pagnol. Chez lui, j'ai découvert Gina la tendre, tolérante et cultivée, celle à qui on aurait envie de confier son adolescente pour découvrir la littérature et Maja Lola, élégante espagnole, à tous les sens du terme.



Et puis en Espagne, mes chers Angel et Carmen qui se reconnaîtront peut être s’ils croisent la route de ce blog.



Et puis comment ne pas parler de l'ami Bernard, œnologue fabricant de vin, homme d'une immense culture et catho je crois bien, comme Xavier, qui prétend conjuguer la certitude de la foi avec les interrogations prégnantes de la psychanalyse. Les deux ont le feu de la passion, l'un avec une élégance distanciée amie du paradoxe, l'autre avec une véhémence souvent peu contenue et la passion de convaincre, je n'ai pas dit d'évangéliser, quoique!



Ce sera donc à ces amis de la toile, dont souvent je ne connais pas le visage que ce blog est dédié. J'y aborderai les sujets qui me tiennent au cœur, peut être, parfois la corrida, mais d'autres aussi, selon mes humeurs.



Va por vosotros.

14 commentaires:

La condesa de Estraza a dit…

Bienvenido, amigo, lo vas a bordar y me tendrás como lectora fiel en este sitio en el que estoy segura lo mucho que voy a aprender.

el Chulo a dit…

hola condesa, que felicidad!

un beso desde dax

ludo a dit…

c'est un joli cadeau de retour de vacances que vous nous faîtes là , bernard y chulo. j'ai la tête dans le sac, demain bilbo pour définitivement la perdre, j'espère, mais mon enhorabuena sort des intestins, du gros et du grêle. à madrid nous brindâmes moults gin tonic pensando en ti. qu'ils t'accompagnent sur ce morceau de toile bien à toi maintenant.
abrazo, valiente.

ludo

el Chulo a dit…

Je savais déjà que le gin tonic, bleuté, celui ou il ne reste que peu de place dans le grand verre pour le tonic, et pour cette raison, de vrait se gèrer avec prudence, avait des effets dévastateurs sur les neurones, j'ignorais sur les entrailles sensées abriter le duende.
bon bilbao ami!

Xavier KLEIN a dit…

Cf.:http://bregaorthez.blogspot.com/2010/08/il-la-fait.html

el Chulo a dit…

gracias amigo!

Marc Delon a dit…

Oh p'tain le chulo... ça y est... je t'ai trouvé sur la toile suite au post de Xavier. j'ai les larmes aux yeux comme devant toute naissance et peut-être aussi parce que je ne savais pas que tu nous aimais tant, au point de t'inspirer de nous pour ton premier texte. Et moi quand on m'aime... je fonds comme un petit macaron au chocolat oublié au four... Gina y Lola viendront sûrement te tendre leurs joues lisses, souples, rebondies, juvéniles et rougies, l'une par la canicule parisienne, l'autre par les embruns océaniques vu que tu aimes tant les biser et que tout départ a besoin d'encouragements.
Va falloir que t'apprennes à gérer les commentaires de feu que je vais te laisser ! je vais me plaindre d'être censuré, je vais m'indigner, frapper fort, va falloir toréer tout ça le chulo... ! Attention ça commence :

Tu parles de toi à la troisième personne maintenant ? Comme Alain Delon ??? Ne me dis pas que t'aurais déjà chopé la grosse tête dés le premier post ?!!?!!! (ya ya ja ja...)
Et puis c'est quoi ce titre pessimiste et nostalgique "Adios Chulo" p'tain ça file le bourdon de dire au revoir en apparaissant !
"Hola Chulo" c'était pas meilleur ?
hasta pronto...

el Chulo a dit…

je m'en doutais bien sûr.
disons que je ne veux plus me servir del chulo comme d'une protection, comme toi ton blog se nomme marc delon et non alain.
mais pour des raisons qui me sont personnelles, j'aime bien le sobriquet "el chulo", sinon beaucoup, et je l'ai invité à nous réunir, tout simplement. en fait jke devrai évidemment réfléchir à hola chulo.

CHRONIQUES DU MOUN a dit…

On aurait pas oublié les isa par ici?

Bernard a dit…

Chulo ami,

Ah que voilà une naissance imprévue, mais qui fait tellement plaisir - et affiche déjà des niveaux de satisfaction fleurant bon les votes du temps des soviets de la grande époque!...

Enfin on va pouvoir venir chez toi exprès, te rendre des visites d'amitié, et discuter avec toi sans le truchement obligé du hasard d'une rencontre chez les autres (ces "zautres" fussent-ils aussi grandioses et transcendantalement psychédéllliqueees que Ludo, Marc ou Xavier!).
Moi, c'est simple: le matin, quand j'ai mis le web à chauffer, ma première tournée est immanquablement pour la "calle aficion" (chez "campos y ruesdos", "los pinchos del ciego", "la brega", "des photos, des mots et des toros", "aficion a los toros", "puraficionado", "l'oeil contraire"...), juste pour voir déjà s'il y a quelqu'un - parce qu'il arrive qu'il n'y ait personne (comme par exemple chez le "ciego" en ce moment!); alors, j'aurai qu'à rajouter la plaque "adios chulo" (au fait, pourquoi adios?).

Et puis, maintenant qu'elle est là cette naissance, va falloir penser à... l'arroser, et pas à l'eau de Dax - encore moins à celle de Lourdes!! Enfin, on verra après les vendanges...

Bon, alors à demain matin (et si c'est trop de bonne heure, je suis pas du genre à lancer des cailloux dans les volets)

Abrazo fuerte , et "longo maï" - Bernard "largo campo"

Marc Delon a dit…

Maja Lola a dit...
Enhorabuena Chulo !
Que sorpresa tan entranable al regreso de mis vacaciones.
Naissance donc de ton espace d'humeur "coups de coeur et coups de sang", tout ce qui évoque la noblesse et l'énergie, la vie quoi.
Ton billet de baptême où tu t'adresses aux plumes amies est touchant par la description riche et chaleureuse de tes liens amicaux et complices.
Con tu permiso, navegaré en el con interés y placer.
Va por ti. Y hasta siempre, Chulo !

P.S. Je suis certainement assez nulle en technologie moderne car je n'ai pas réussi à te transmettre ce message directement sur ton blog flambant neuf.
Nuestro querido Marcos s'en chargera n'est-ce pas ?

el Chulo a dit…

isa(s)?

je ne peux tout de même pas abuser de toutes les groupies de Marc.

pedrito a dit…

Enhorabuena, Chulo, aficionado encastado que j'avais déjà plaisir à savourer en d'autres lieux.
Abrazo

el Chulo a dit…

merci pedrito.
je pense que j'écrirai un peu sur la guerre d'espagne.