Navalon de tentadeo

Navalon de tentadero. Photo de Carmen Esteban avec sa permission
lundi 30 avril 2012
mercredi 18 avril 2012
La faute aux jeunes au chômage en Espagne par mon ami Angel
Mon cher Angel, mon « hermanito
de las Ventas »m’a permis de traduire ce texte publié récemment dans son
blog. http://latrincheradeparacuellos.blogspot.fr/
Il nous avait enchanté avec son
récit de sa semaine dans un club de remise en forme http://adioschulo.blogspot.fr/search/label/un%20lecteur%20%C3%A9crit
Le Roi Don Juan Carlos a
longtemps joui d’un respect et d’une estime infinis en Espagne, car on pense qu’il
sut mener la Transition à bien et restaurer la démocratie en Espagne.
Jusqu’alors, la presse évitait
toute critique.
Depuis quelques temps, elle
commence à s’intéresser à l’immense fortune qu’il a accumulée, de plus, un de
ses gendres, le champion de handball, et qu’on a mis à l’abri dans une antenne
de la « Telefonica » aux Etats Unis, marié
à la cadette, plutôt jolie, pas l’autre qui ressemble à mon boxer, s’est mis dans de
sales draps d’indélicatesses financières, c'est un euphémisme .
Angel joue surtout très finement
avec le 14 Avril 931.
Que aprovechen !
De l’accident dont a été victime D. Juan Carlos au Botswana le 14 Avril
(curieux ) alors qu’il participait à un Safari d’éléphants, les
responsables sont les jeunes au chômage. On ne doit pas oublier que lors de son allocution télévisée de Noel le monarque a déclaré "....qu'il ne dormait pas la nuit en pensant aux jeunes au chômage".
L’accident s’est produit à l’aube quand il trébucha sur une marche d’escalier
et comme je n’ai pas mauvais esprit, j’imagine que sa majesté était réveillée
faisant les 100 pas dans la chambre du bungalow du complexe résidentiel de luxe
(on a calculé que tuer un éléphant vaut quelques 35 000 euros), pensant et
repensant aux jeunes au chômage en Espagne.
Les medias qui ont si mauvais esprit, pas comme moi, ont aussitôt dit
que ceci ou cela, que le gouvernement n’avait pas été informé, que cela avait
été payé par des entrepreneurs, etc, etc, mais la seule chose qui soit certaine
est que sa majesté perd le sommeil en pensant aux jeunes, à la prime de risque ( la
prime de risque fait allusion au niveau d’intérêt que doit payer l’Espagne pour
sa dette, note du traducteur), à son
petit fils Froilan, blessé à un pied alors qu’il chassait, ( en fait la version
officielle dit que l’enfant de 13 ans
jouait avec son père avec une arme de petit calibre et s’est tiré dans
le pied, note du traducteur) nous ne savons
pas si le gamin chassait aussi des éléphants comme son grand père, bien que je
suppose que non, car l’accident s’est
produit en Espagne et ici nous n’avons pas d’éléphants, mais peut être des
outardes, comme il advint à l’oncle de D.Juan Carlos, D.Alfonso le 14 Avril de
l’an 1931, qui se blessa gravement avec la crosse d’un fusil, alors qu’il chassait
des outardes depuis un petit avion. (j’ignorais cette histoire, note du traducteur) !
Dès lors le 14 Avril de l’an 1931 pour les Bourbons est un jour
fatidique et moi, à leur place, tous les 14 Avril, je resterais à la maison et
même mieux au lit. ( le 14 Avril 1931 est surtout une date fatidique pour les Bourbons car ce fut la proclamation de la Seconde République
Espagnole et le retrait du roi Alphonse XIII, grand père de Juan Carlos, note
du traducteur).
Mais allons au « turron » comme disent les
« castizos ». Le roi va en safari d’éléphants, parce que la nuit il
ne dort pas à cause du chômage en général et du juvénile en particulier, de la
prime de risque, des restrictions qui s’annoncent en matières de santé et
d’éducation, des restrictions déjà en vigueur et ainsi pour pouvoir récupérer
de tant d’insomnies et de tant de méditations, il va balancer quatre coups de fusil aux éléphants, qui nous le savons
tous sont des pachydermes capables d’une
vitesse modérée, nous savons aussi, qu’au niveau des jambes son altesse, n’est pas très performante bien qu’elle soit un grand sportif et comme les éléphants
sont assez volumineux, c’est mieux, car je pense qu’à son âge, la vue non plus
n’est pas au mieux.
Ainsi la faute incombe au jeunes au chômage et nous devons donner du
travail à ces jeunes et, ainsi, nous
éviterons que sa majesté aille en Safari et surtout qu’elle se lève la
nuit.
mardi 10 avril 2012
Le révisionnisme espagnol (2)
Pour ceux que cela intéresse cet article fait suite à « le
révisionnisme espagnol (1) », que l’on peut trouver à http://adioschulo.blogspot.fr/search/label/saints%20et%20maudits
Il est tout à fait évident que
Vatican II, ainsi que les ouvertures prodiguées par JEAN XXXIII et PAULVI, marquaient de façon
très nette, une certaine distanciation de l’Eglise par rapport à la mythologie
de la « croisade de Franco »,
mais également du régime lui-même. L’Eglise commençait à s’interroger sur le bien-fondé
de son soutien à la dite « croisade »,
et les religieux, autres que la hiérarchie, surtout les jeunes, adoptaient des
postures contraires à celles de vieux hiérarques, souvent eux-mêmes membres
actifs du pestilentiel « national-catholicisme »,
qui naquit dès l’été 1936.
Ce point mérite un développement
particulier. En 1967, afin d’améliorer les relations entre les différentes
couches du clergé, la hiérarchie avait autorisé la tenue de synodes religieux
pour que s’expriment le mécontentement
et les pétitions pour des réformes urgentes. Le pas le plus audacieux vers la
restauration de l’unité et l’harmonie dans l’Eglise fut franchi en 1971, quand
se réunit à Madrid une très grande
assemblée de prélats et de représentants de toutes les sections du clergé
séculier et une petite partie du clergé régulier.
Ainsi sur 15449 religieux
consultés, ceux de moins de 30 ans optaient à 47,2 pour cent pour le
socialisme, alors que les plus de 64 ans représentaient 3,9 pour cent. Ni le
communisme ni l’anarchie ne faisaient recette, les mouvements ouvriers
recueillaient 15,3 pour cent de la catégorie <30 ans, et 9,7 des plus de 64
ans. La monarchie elle recueillait 3,6 pour cent des < 30 ans et 51,2 pour
cent des plus de 64 ans,
Le problème de l’Eglise espagnole
était une claire divergence d’opinion entre le clergé séculier jeune et les
anciens. De plus, restaient encore en tête de la hiérarchie des religieux plus
que compromise dans le « national-catholicisme ».
Même si aucune réforme ne fut adoptée, on plaida pour la séparation de l’Eglise
et de l’Etat, l’expression de pleins droits civils et d’un système
politique de « libre représentation ».
Mais de façon encore plus significative, il y eut une proposition de
désapprobation du rôle de l’Eglise dans la « croisade »
de 1936 à 1939 qui recueillit la majorité des votes, mais pas les deux tiers
nécessaires pour figurer dans le compte rendu final. Cette proposition se
terminait ainsi : « Nous
devons reconnaître ceci humblement et demander pardon pour le fait que nous
n’avons pas agi au moment opportun comme de véritables « ministres de
réconciliation » au milieu de notre peuple divisé par une guerre entre
frères ».
Mais aussi, cette Eglise voulait
contester l’exorbitant privilège accordé à Franco, aux beaux jours du « national-catholicisme » de
procéder à la nomination des évêques.
Monseigneur Taracon symbolisait
cette nouvelle posture de l’Eglise, même si, en fait, il ne revient jamais réellement,
sur la légitimité de l’insurrection franquiste. Il fut conspué lors des obsèques
de Carrero Blanco, que l’ETA avait assassiné, en 1973 aux cris de « Tarancon, al paredon », ce
qui signifie : « Tarancon, au poteau d’exécution ».
On convient en effet que l’Eglise
eut un rôle important dans le processus de transition, au grand dam du « bunker ». Cette même Eglise
qui avait fourni, à partir de 1933 la masse des militants de la CEDA, se
sentant menacés à la fois par les réformes de la seconde République voulant
laïciser l’Etat et dans de modestes propriétés agraires, que l’on pensait
menacées par la réforme agraire. Ces petits propriétaires catholiques du centre
de l’Espagne, devraient fournir les rangs des troupes franquistes
métropolitaines. Indépendamment évidement des troupes des intégristes
carlistes, les fameux « requetés ».
Dans ce contexte, et sachant
aussi que Tarancon avait beaucoup œuvré
en sa faveur, le fameux « indulto »
de la Transition peut se comprendre et favorisa, comme conséquence collatérale,
la thèse de la responsabilité partagée
mais également, de façon plus perverse, celle d’une manière de parité dans le
nombre de victimes de la Guerre Civile, qui étayait le discours des historiens
hagiographes de Franco, occultant tout à fait les victimes
principalement dans les années post 1939 jusqu’à 1945, dans la phase de
répression la plus active et favorisée par
la guerre, qui vit un
déchaînement invraisemblable et finalement, incompréhensible, de violence et de
« règlements » de comptes.
Et l’un des « secrets » de la durée de Franco, est que, par ailleurs,
totalement dénué de culture ou d’esprit critique, obsédé par sa propre
sauvegarde, qui se substituait à toute idéologie, si on excepte sa haine
antimaçonnique ou anticommuniste, que par ailleurs il confondait de façon
parfaitement infantile, il ne considéra jamais que la guerre fût terminée. Il portait de façon extrêmement efficace la
conviction absurde du clivage entre les
bons et les mauvais espagnols.
Efficace, pourquoi ? Elle
servait des intérêts parfois contradictoires, dans son camp, et lui qui ne
doutait jamais de la fragilité de l’homme devant certains arguments sonnants
et trébuchants sut parfaitement assurer
sa propre survie. Ainsi, le sens de ses différents gouvernements fut de ménager chacun en son moment l’un des
trois piliers du franquisme, à savoir : la phalange, l’église ou l’armée
toujours omniprésente.
Ce clivage forcené entre les « bons » et les « mauvais » espagnols était
simplement une conséquence de la certitude pour Franco que la guerre
continuait.
La fin du règne de Franco, pour
simplifier à partir de 1970 fut à bien des égards pathétique. On fusillait
encore ou envoyait au « garrot
vil » histoire de signifier que rien ne changeait. Même si de plus en
plus les oppositions prenaient corps que ce soit dans les universités ou les
usines, et ce malgré les « syndicats
verticaux » phalangistes.
Les générations se suivaient et
les fils de ceux qui avaient connu la guerre n’avaient pas toujours les mêmes
certitudes. Bientôt les « petits
fils » allaient prendre la succession avec d’autres interrogations et
certainement d’autres exigences de vérité.
A la mort de Franco, les
universitaires, historiens et sociologues
allaient pouvoir entreprendre un travail de fond, sous forme de d’études
monographiques, au niveau de chaque
Communidad. Il fallut tout de même attendre d’une part que la plupart des
archives espagnoles puissent être accédées, au moins ce qui en restait, quand
elles n’avaient pas été systématiquement détruites lors de la Transition ou après.
L’ouverture de certaines archivés,
surtout les russes après la chute du mur de Berlin, mais aussi les allemandes
permirent également de faire des progrès considérables dans la compréhension de
cette Guerre.
On dut se résoudre à admettre que
les chiffres du franquisme, voire même ses narrations de l’Histoire et ses
mythes étaient basés sur des mensonges d’Etat qui pourtant ont la peau dure.
A suivre
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