Navalon de tentadeo
Navalon de tentadero. Photo de Carmen Esteban avec sa permission
lundi 30 avril 2012
mercredi 18 avril 2012
La faute aux jeunes au chômage en Espagne par mon ami Angel
Mon cher Angel, mon « hermanito
de las Ventas »m’a permis de traduire ce texte publié récemment dans son
blog. http://latrincheradeparacuellos.blogspot.fr/
Il nous avait enchanté avec son
récit de sa semaine dans un club de remise en forme http://adioschulo.blogspot.fr/search/label/un%20lecteur%20%C3%A9crit
Le Roi Don Juan Carlos a
longtemps joui d’un respect et d’une estime infinis en Espagne, car on pense qu’il
sut mener la Transition à bien et restaurer la démocratie en Espagne.
Jusqu’alors, la presse évitait
toute critique.
Depuis quelques temps, elle
commence à s’intéresser à l’immense fortune qu’il a accumulée, de plus, un de
ses gendres, le champion de handball, et qu’on a mis à l’abri dans une antenne
de la « Telefonica » aux Etats Unis, marié
à la cadette, plutôt jolie, pas l’autre qui ressemble à mon boxer, s’est mis dans de
sales draps d’indélicatesses financières, c'est un euphémisme .
Angel joue surtout très finement
avec le 14 Avril 931.
Que aprovechen !
De l’accident dont a été victime D. Juan Carlos au Botswana le 14 Avril
(curieux ) alors qu’il participait à un Safari d’éléphants, les
responsables sont les jeunes au chômage. On ne doit pas oublier que lors de son allocution télévisée de Noel le monarque a déclaré "....qu'il ne dormait pas la nuit en pensant aux jeunes au chômage".
L’accident s’est produit à l’aube quand il trébucha sur une marche d’escalier
et comme je n’ai pas mauvais esprit, j’imagine que sa majesté était réveillée
faisant les 100 pas dans la chambre du bungalow du complexe résidentiel de luxe
(on a calculé que tuer un éléphant vaut quelques 35 000 euros), pensant et
repensant aux jeunes au chômage en Espagne.
Les medias qui ont si mauvais esprit, pas comme moi, ont aussitôt dit
que ceci ou cela, que le gouvernement n’avait pas été informé, que cela avait
été payé par des entrepreneurs, etc, etc, mais la seule chose qui soit certaine
est que sa majesté perd le sommeil en pensant aux jeunes, à la prime de risque ( la
prime de risque fait allusion au niveau d’intérêt que doit payer l’Espagne pour
sa dette, note du traducteur), à son
petit fils Froilan, blessé à un pied alors qu’il chassait, ( en fait la version
officielle dit que l’enfant de 13 ans
jouait avec son père avec une arme de petit calibre et s’est tiré dans
le pied, note du traducteur) nous ne savons
pas si le gamin chassait aussi des éléphants comme son grand père, bien que je
suppose que non, car l’accident s’est
produit en Espagne et ici nous n’avons pas d’éléphants, mais peut être des
outardes, comme il advint à l’oncle de D.Juan Carlos, D.Alfonso le 14 Avril de
l’an 1931, qui se blessa gravement avec la crosse d’un fusil, alors qu’il chassait
des outardes depuis un petit avion. (j’ignorais cette histoire, note du traducteur) !
Dès lors le 14 Avril de l’an 1931 pour les Bourbons est un jour
fatidique et moi, à leur place, tous les 14 Avril, je resterais à la maison et
même mieux au lit. ( le 14 Avril 1931 est surtout une date fatidique pour les Bourbons car ce fut la proclamation de la Seconde République
Espagnole et le retrait du roi Alphonse XIII, grand père de Juan Carlos, note
du traducteur).
Mais allons au « turron » comme disent les
« castizos ». Le roi va en safari d’éléphants, parce que la nuit il
ne dort pas à cause du chômage en général et du juvénile en particulier, de la
prime de risque, des restrictions qui s’annoncent en matières de santé et
d’éducation, des restrictions déjà en vigueur et ainsi pour pouvoir récupérer
de tant d’insomnies et de tant de méditations, il va balancer quatre coups de fusil aux éléphants, qui nous le savons
tous sont des pachydermes capables d’une
vitesse modérée, nous savons aussi, qu’au niveau des jambes son altesse, n’est pas très performante bien qu’elle soit un grand sportif et comme les éléphants
sont assez volumineux, c’est mieux, car je pense qu’à son âge, la vue non plus
n’est pas au mieux.
Ainsi la faute incombe au jeunes au chômage et nous devons donner du
travail à ces jeunes et, ainsi, nous
éviterons que sa majesté aille en Safari et surtout qu’elle se lève la
nuit.
mardi 10 avril 2012
Le révisionnisme espagnol (2)
Pour ceux que cela intéresse cet article fait suite à « le
révisionnisme espagnol (1) », que l’on peut trouver à http://adioschulo.blogspot.fr/search/label/saints%20et%20maudits
Il est tout à fait évident que
Vatican II, ainsi que les ouvertures prodiguées par JEAN XXXIII et PAULVI, marquaient de façon
très nette, une certaine distanciation de l’Eglise par rapport à la mythologie
de la « croisade de Franco »,
mais également du régime lui-même. L’Eglise commençait à s’interroger sur le bien-fondé
de son soutien à la dite « croisade »,
et les religieux, autres que la hiérarchie, surtout les jeunes, adoptaient des
postures contraires à celles de vieux hiérarques, souvent eux-mêmes membres
actifs du pestilentiel « national-catholicisme »,
qui naquit dès l’été 1936.
Ce point mérite un développement
particulier. En 1967, afin d’améliorer les relations entre les différentes
couches du clergé, la hiérarchie avait autorisé la tenue de synodes religieux
pour que s’expriment le mécontentement
et les pétitions pour des réformes urgentes. Le pas le plus audacieux vers la
restauration de l’unité et l’harmonie dans l’Eglise fut franchi en 1971, quand
se réunit à Madrid une très grande
assemblée de prélats et de représentants de toutes les sections du clergé
séculier et une petite partie du clergé régulier.
Ainsi sur 15449 religieux
consultés, ceux de moins de 30 ans optaient à 47,2 pour cent pour le
socialisme, alors que les plus de 64 ans représentaient 3,9 pour cent. Ni le
communisme ni l’anarchie ne faisaient recette, les mouvements ouvriers
recueillaient 15,3 pour cent de la catégorie <30 ans, et 9,7 des plus de 64
ans. La monarchie elle recueillait 3,6 pour cent des < 30 ans et 51,2 pour
cent des plus de 64 ans,
Le problème de l’Eglise espagnole
était une claire divergence d’opinion entre le clergé séculier jeune et les
anciens. De plus, restaient encore en tête de la hiérarchie des religieux plus
que compromise dans le « national-catholicisme ».
Même si aucune réforme ne fut adoptée, on plaida pour la séparation de l’Eglise
et de l’Etat, l’expression de pleins droits civils et d’un système
politique de « libre représentation ».
Mais de façon encore plus significative, il y eut une proposition de
désapprobation du rôle de l’Eglise dans la « croisade »
de 1936 à 1939 qui recueillit la majorité des votes, mais pas les deux tiers
nécessaires pour figurer dans le compte rendu final. Cette proposition se
terminait ainsi : « Nous
devons reconnaître ceci humblement et demander pardon pour le fait que nous
n’avons pas agi au moment opportun comme de véritables « ministres de
réconciliation » au milieu de notre peuple divisé par une guerre entre
frères ».
Mais aussi, cette Eglise voulait
contester l’exorbitant privilège accordé à Franco, aux beaux jours du « national-catholicisme » de
procéder à la nomination des évêques.
Monseigneur Taracon symbolisait
cette nouvelle posture de l’Eglise, même si, en fait, il ne revient jamais réellement,
sur la légitimité de l’insurrection franquiste. Il fut conspué lors des obsèques
de Carrero Blanco, que l’ETA avait assassiné, en 1973 aux cris de « Tarancon, al paredon », ce
qui signifie : « Tarancon, au poteau d’exécution ».
On convient en effet que l’Eglise
eut un rôle important dans le processus de transition, au grand dam du « bunker ». Cette même Eglise
qui avait fourni, à partir de 1933 la masse des militants de la CEDA, se
sentant menacés à la fois par les réformes de la seconde République voulant
laïciser l’Etat et dans de modestes propriétés agraires, que l’on pensait
menacées par la réforme agraire. Ces petits propriétaires catholiques du centre
de l’Espagne, devraient fournir les rangs des troupes franquistes
métropolitaines. Indépendamment évidement des troupes des intégristes
carlistes, les fameux « requetés ».
Dans ce contexte, et sachant
aussi que Tarancon avait beaucoup œuvré
en sa faveur, le fameux « indulto »
de la Transition peut se comprendre et favorisa, comme conséquence collatérale,
la thèse de la responsabilité partagée
mais également, de façon plus perverse, celle d’une manière de parité dans le
nombre de victimes de la Guerre Civile, qui étayait le discours des historiens
hagiographes de Franco, occultant tout à fait les victimes
principalement dans les années post 1939 jusqu’à 1945, dans la phase de
répression la plus active et favorisée par
la guerre, qui vit un
déchaînement invraisemblable et finalement, incompréhensible, de violence et de
« règlements » de comptes.
Et l’un des « secrets » de la durée de Franco, est que, par ailleurs,
totalement dénué de culture ou d’esprit critique, obsédé par sa propre
sauvegarde, qui se substituait à toute idéologie, si on excepte sa haine
antimaçonnique ou anticommuniste, que par ailleurs il confondait de façon
parfaitement infantile, il ne considéra jamais que la guerre fût terminée. Il portait de façon extrêmement efficace la
conviction absurde du clivage entre les
bons et les mauvais espagnols.
Efficace, pourquoi ? Elle
servait des intérêts parfois contradictoires, dans son camp, et lui qui ne
doutait jamais de la fragilité de l’homme devant certains arguments sonnants
et trébuchants sut parfaitement assurer
sa propre survie. Ainsi, le sens de ses différents gouvernements fut de ménager chacun en son moment l’un des
trois piliers du franquisme, à savoir : la phalange, l’église ou l’armée
toujours omniprésente.
Ce clivage forcené entre les « bons » et les « mauvais » espagnols était
simplement une conséquence de la certitude pour Franco que la guerre
continuait.
La fin du règne de Franco, pour
simplifier à partir de 1970 fut à bien des égards pathétique. On fusillait
encore ou envoyait au « garrot
vil » histoire de signifier que rien ne changeait. Même si de plus en
plus les oppositions prenaient corps que ce soit dans les universités ou les
usines, et ce malgré les « syndicats
verticaux » phalangistes.
Les générations se suivaient et
les fils de ceux qui avaient connu la guerre n’avaient pas toujours les mêmes
certitudes. Bientôt les « petits
fils » allaient prendre la succession avec d’autres interrogations et
certainement d’autres exigences de vérité.
A la mort de Franco, les
universitaires, historiens et sociologues
allaient pouvoir entreprendre un travail de fond, sous forme de d’études
monographiques, au niveau de chaque
Communidad. Il fallut tout de même attendre d’une part que la plupart des
archives espagnoles puissent être accédées, au moins ce qui en restait, quand
elles n’avaient pas été systématiquement détruites lors de la Transition ou après.
L’ouverture de certaines archivés,
surtout les russes après la chute du mur de Berlin, mais aussi les allemandes
permirent également de faire des progrès considérables dans la compréhension de
cette Guerre.
On dut se résoudre à admettre que
les chiffres du franquisme, voire même ses narrations de l’Histoire et ses
mythes étaient basés sur des mensonges d’Etat qui pourtant ont la peau dure.
A suivre
jeudi 29 mars 2012
mensis horribilis
D’autres problèmes m’ont accaparé,
et éloigné de mon blog. JLB me comprendra. Mais bien sûr comme tout le monde
depuis mon canapé j’ai reçu les dernières nouvelles de notre monde. Je n’avais
nullement le goût d’écrire, j’ai toutefois lu, un peu, et regardé la télé en
boucle.
Un français d’origine algérienne,
de 23 ans je crois, a commis des meurtres
hideux. Tout le monde connaît l’histoire dans le moindre détail, pour en avoir
été submergé. Les trois séries de meurtres, dont le dernier dans une école,
dépassant toutes les limites.
Je m’étais promis de ne rien en
dire, pour ne pas, une nouvelle fois me faire traiter de « couille
molle » de gauche, avec le soupçon, que, par mon « laxisme » ou
celui des gens dont je me sens le plus proche, je serais responsable de cette abjection.
Bien sûr, j’ai commencé par me
convaincre qu’il s’agissait d’un psychopathe, isolé, un cinglé analphabète,
comme malheureusement, il semble que la société en produise de plus en plus, et
surtout, de façon de plus en plus précoce.
Sans qu’évidemment, on connaisse
la vérité sur cette affaire, il faut laisser travailler à la fois la police,
les polices et la justice. Et aussi, éviter des jugements sommaires ou des
certitudes hâtives. Je remarque qu’au moins les blogs que je fréquente montrent
pas mal de retenue sur ce sujet, comme s’il dépassait l’entendement, mais aussi
que chacun redoutait que derrière cette
horreur se cache une vérité bien plus dérangeante, si dérangeante, d’ailleurs,
que d’une certaine façon, elle pourrait effrayer. Et plus seulement parce qu’elle
nous mettrait, pour certains et de façon quelque peu schématique mais si satisfaisante, face à un problème
monstrueux issu du problème de délinquance
de « banlieue », assimilée d’ailleurs au problème des français issus
de l’immigration qui nourriraient les rangs de ces troupes, directement issu,
ce monstrueux problème donc, du problème de l’immigration.
Enfin, on ne peut probablement combattre efficacement que ce qu’on connaît. Et bien que cette histoire me révulse au plus
profond de moi, il me semble qu’il faut impérativement que la Police et la
Justice aillent au bout et que le « peuple » dont tout le monde se réclame
ces jours ci, soit impérativement informé de toute la vérité. Je dis bien,
TOUTE la vérité.
On évitera ainsi les certitudes du type, il ne peut s’agir que d’un
groupuscule d’extrême droite ou du terrorisme musulman, du niveau des parlotes
de bistrot car empreintes d'un certain "bon sens" populaire, ce qui est bien un minimum, quand on est un brillant expert.
Quand on ne sait pas, la moindre
des choses, - fût –on un de ces innombrables « experts
consultants » des chaines de télé, si nombreux d’ailleurs qu’on ne voit
plus en quoi leur éclairage peut être utile, et surtout, dans ce domaine,
où, précisément, la rareté devrait faire le prix - on la ferme.
Et maintenant, voilà qu’on ne
sait plus que faire de la dépouille. Le père d’ailleurs a perdu une superbe
occasion de se taire, pensant peut être, en père aimant, pouvoir soutirer
quelques dommages et intérêts à la France
meurtrière de son fils bien aimé.
Moi, avec mon mal aux dents, j’ai
entendu des musulmans dire que ce tueur n’avait rien d’un musulman, que jamais
un musulman ferait cela, et pourtant, on
nous inonde des informations selon lesquelles son corps aurait été lavé
conformément au rite, avant d’être enterré. Et, soit dit en passant, détaille-t-on
ce genre de détail lorsqu’il s’agit d’un quidam, ou veut-on amadouer les
musulmans intégristes ?
Et, cerise sur le loukoum, l’Algérie
ne veut pas de lui, normal, c’est un français non ? Donc, il sera enterré
en France et tout le monde semble savoir dans quel cimetière. On comprend mieux
comment il ne semble pas faire de doute que le RAID ait tout fait pour le
prendre vivant, car tout le monde redoutait à juste titre d’en faire un martyr .
En tous cas, jusqu’à preuve du contraire, j’en suis persuadé.
Cette histoire, c’était déjà bien
et voilà ce matin : 4 gamins en Normandie, assassinent un autre gamin de
deux balles dans la nuque. Le jeune Alexandre 17 ans, est donc mort assis sur
un tronc d’arbre. On dit qu’ils l’avaient déjà maltraité et qu’il avait porté
plainte, mais aussi, qu’il voulait les dénoncer pour un misérable cambriolage.
De plus, ceci se serait passé
dans un petit village particulièrement calme, et on n’a rien dit des identités
des assassins. Là aussi il sera utile de savoir.
Commentaire, de ceux qu’on redoute
dans le blog d’Orange :
« C'est horrible !
Mais avec un bon avocat de la défense et un Psy qui va expliquer qu'il
ils faisaient encore "pipi" au lit à 13 ans, qu'ils étaient perturbés
depuis, et dans 18 mois ils sont dehors. Si Hollande passe, dans 6 mois !
De pseu - Le 29/03/2012 à 18h24 »
Voilà en tous cas qui évite de se
donner la peine de réfléchir, et pourtant, quelles que soient les ignominies de
ces actes, la répulsion qu’ils provoquent, une société adulte ne peut pas faire
l’économie d’une réflexion approfondie, non pour s’auto flageller, mais pour
affronter une réalité sociologique dans
toutes ses dimensions et responsabilités et d’en tirer les conséquences.
mercredi 15 février 2012
aliquindoi: Enhorabuena Maja
Passionné par vos échanges sur le blog, mais pour le moment
très accaparé par un travail que je veux mener à bien, Lola est dans le secret,
peut être jlb aussi, j’ai une nouvelle fois activé ma gitane favorite, et
obtenu, comme toujours une réponse rapide, lorsqu’il s’agit de choses sérieuses
comme la langue espagnole et ses dérivés ou affluents.
Voici donc ce qu’elle m’écrit :
« Je ne peux pas
te répondre mais je crois que c’est alinquindoi et non linquidoi, ça m’évoque
courrir, à toutes jambes, je vais me renseigner, et considère que je connais un
peu de calo, logiquement, pour l’avoir écouté ou entendu, en raison de ma
relation depuis que je suis enfant et par choix personnel pour les gitans.
Que se passe t’il ?
Hé bien, comme c’est une langue orale, non écrite, et que ma relation en ce
moment avec « mon » peuple est rare (….) je ne pratique pas fréquemment
et j’en oublie certains mots : si je retournais maintenant avec eux, je
récupérerais la fluidité.
Bs »
Rester sur une demi-mesure ne
ressemble pas à ma Carmen. Presque immédiatement après :
« Ce n’est pas du calo, quoique cela y ressemble énormément par la
terminaison en oi, c’est en fait typique de Malaga, bien que je sois certaine d’avoir
entendu prononcer ce mot par des gitans. J’ai trouvé ceci, parlant de ce terme :
Pedro Gonzalez Jimenez (Espana)
C’est un mot qui à Malaga s’utilise beaucoup pour dire à quelqu’un qu’il
soit vigilant et qu’il fasse attention à quelque chose. Il semble que dans le
Malaga industriel du XIX ème siècle, beaucoup de bateaux anglais faisaient
escale au port. Les anglais n’arrêtaient pas de dire aux dockers de Malaga :
« look that do it » (regarde ce que tu fais) et de cette phrase a
dérivé « aliquindoi ».
Elle me dit qu’elle a rouvert
tranquillement son blog.
En tous cas, bravo Maja Lola, une
fois de plus !
jeudi 9 février 2012
Vaya biruji, (pardon maja)
Putain de moine ! L'ordi me dit
que nous sommes le 09/02/2012. Je n'ai pas fumé depuis le
02/01/2012. Un mois et une belle brouette. Ça devrait devenir bon !
Sans patch, sans machin à mâchouiller, sans soutien psychologique,
sans kiné, sans auriculo machin, sans peercing, ni acupuncture !
J'en parlais avec une connaissance, qui
me dit « oui, toi, tu ne fumais pas ». « Oui,
c'est vrai, ai je répondu, certains jours, rares, moins de 3
paquets, mais certainement, toujours, plus de 2 ». C'est
peu en effet !
Maintenant, entendons nous bien !
L'envie de tabac subsiste. Car fumer, peut parfois, être un vrai
plaisir, et je parle uniquement de substances « licites ».
Mais en même temps, il me semble que ce n'est pas comme la
dépendance médicamenteuse, qui est la seule, avec le tabac que
j'aie approchée, dans le sens où je n'ai jamais ressenti la moindre
privation physique, au moins, quasi insupportable, mais plutôt des
réflexes de gestuelle, mais jamais, au moins jusqu'à présent, la
moindre angoisse.
Mais Nom de Dieu !, des cigarettes
il y en avait de fameuses. Pour moi, celle du lever, pendant que la
cafetière chauffait, puis d'autres aussi.
En même temps, et heureusement pour
moi, ou pour mon sevrage, la récupération pulmonaire est
spectaculaire. Respirer à fond était devenu un plaisir impossible,
qui s'achevait en quinte de toux. Donc, lorsque me vient le regret du
bon tabac blond ou brun s'il faut, je pense aussi à cela , et
ça aide.
L'hiver qui s'installe enfin avec le
froid et un peu de neige, pour le moment, est propice à la paresse
contemplative. Maintenant Georges, le rouge gorge de mon jardin est
présent dès la pointe du jour, son plumage tout gonflé de froid.
Il aime être seul et vient parfois jusqu'au seuil de la cuisine où
je prends mon petit déjeuner. Il me semble qu'il incline sa tête
comme pour mieux me voir. Bientôt les escadrilles de moineaux vont
débarquer. Georges partira avec dignité. Les gros merles au sol,
picoreront les graines tombées depuis les trois mangeoires prises
d'assaut par ces putains de piafs. Bientôt viendront les
bergeronnettes, je crois, un pinson des jardins et des verdiers.
Alors je passe aussi plus de temps sur
mon mail et un ami d'Internet, me parlant du froid en Espagne, et
plus particulièrement à Séville, me faisait part de son
interrogation sur l'expression qu'il avait entendue ou lue :
« Vaya biruji ! » selon toute vraisemblance
en relation avec le froid. Je promis de me renseigner auprès de mon
tandem madrilène : Angel, le vaillant « coronel »
et Carmen, ma chère Condesa, ma gitana rayana. Ceux qui seraient intéressés par la relation de nottre première rencontre pourront aller lire:
http://adioschulo.blogspot.com/2010/11/ce-duende-quon-assassine.htmlmais aussi:
Donc, envoi d'un Mail aux deux le 6/2
au soir. Le 7/2 au matin, réponse d'Angel à 11h26, Carmen en copie
: « Querido hermano gabacho »
L'espression « Vaya Biruji !»
je crois (sauf si Carmen dit le contraire) qu'elle est typiquement
madrilène et signifie, Quel froid !
Autrement dit,
quelque chose comme « Çà caille » ou « On se les
gèle ».
Pour répondre si
vite, j'imagine que le forban Angel, « callejero »
impénitent de Madrid, doit être bloqué par les froids sur les
hauts de Paracuellos, de si mauvaise mémoire, où il habite.
Et là bas, sur les hauteurs, « Vaya bijuri », au
moins en hiver 3 ou 4 degrés de moins qu'a Madrid. Il m'arrose et
quelques autres de mails vengeurs sur la famille royale espagnole.
Jusqu'ici, tout le monde gardait un silence gêné sur les biens
amassés par la famille royale espagnole, qui démontreraient, de la
part du Roi Juan Carlos et de la Reine Sofia un sens prononcé des
bonnes affaires, car à son accession au trône, le Roi n'avait
pratiquement plus de fortune propre. Donc, il nous envoie de fort
méchantes caricatures, surtout depuis qu'un des gendres, l'ex
handballeur et époux d'une des filles du Roi, pas celle qui
ressemble à un pitbull, non, l'autre, plus jolie, se serait fait
prendre la main dans un gros pot de confiture. Ça le ravit ça, mon
« hermanito » républicain pure laine.
Le même jour,
13h45, Carmen montait vaillamment au «quite ».
« Je suis d'accord avec le
Coronel, je ne crois pas que cela vienne du « calo »(note
du traducteur : calo = argot gitan) quoique la
terminaison en i soit très gitane, et je crois qu'il s'utilise au
pluriel, « birujis », car lorsqu'on le prononce, on
allonge le « s », « birujisssssss », est un
terme purement madrilène, Chulo, de l'argot, et Madrid, au cas où
tu l'ignorerais possède un argot propre qui s'appelle « el
caliente », « puchar » en caliente, et à ce sujet,
« el Coro » en sait plus que moi, car il est né sous la
tireuse de bière du bar Puerta Grande, selon toutes mes
investigations.
Moi, pour couper les cheveux en
quatre, je traduirais « birujis » plus par vent que par
autres choses, par air, air froid, évidemment, car si je ne me
trompe pas, le mot a aussi à voir avec le visage, de l'air froid sur
la face, et on a coutume de l'utiliser quand tu changes d'endroit de
température supérieure pour passer à une autre inférieure, comme
quand on sort dans la rue. Sur le Mont Blanc, « gabacho mio »,
je crois bien que personne pour définir le froid dise
« birujissss ».
Bs, Hermanos en el Senor »
Angel
utilise un « castellano »
très net, posé et assez économe d'effets. Cela
se sent dans ses écrits. Carmen est bien plus prolixe et
torrentielle. Parfois, sa langue si sophistiquée, « rayana »
des gens proches de la frontière portugaise, me rend un peu fou, et
met dans le vent mes dictionnaires. Mais il y a toujours dans son
écriture une grande élégance et en même temps quelque chose de
pulpeux qui me ravit.
« Chère et admirée Carmen,
comme toujours, tu as mis le le doigt au point exact de la relation
au vent, et ce terme s'utilise habituellement quand l'air est froid.
Une nuance tout de même, quand
j'étais enfant, le bar « Puerta Grande »
n'existait pas, et en ces lieux, il y avait un marchand de fruits et
un magasin. Mais il y avait la « Casa Conrado »,
qui occupait l'endroit que « El Albero » occupe
actuellement, en face de « Puerta Grande » et
c'est ici qu'en compagnie de mon grand père et de mon père a débuté
mon « aficion ». J'ai commencé en culottes courtes
évidemment.
Et maintenant pour « el
hermano gabacho » quelques mots en « castizo » :
Foulard au cou : Safo,
(il parait que ce serait français, note du traducteur après une
conversation avec le « callejero », au secours Maja
Lola !
Chaussettes : Picantes,
Chaine d'argent de l'oignon :
Tralla,
Gilet : Chopin,
Pantalons : Alares
Tu sais déjà que le « castizo »
est un mélange de langage populaire et de langage carcéral. »
Il fait moins
froid, je me demande si un jour je saurai parler et écrire
l'espagnol, ce qui par ailleurs, pour d'autres, ne devrait pas avoir
la moindre importance. Ma chère Maja a confirmé l'analyse de mes
fins linguistes. Tout va bien.
L'espagnol est une
langue qu'il faut respecter.
lundi 30 janvier 2012
Toro au coeur
Le petit toubib est entré
encore plus pâle qu'à l'accoutumée, presque verdâtre, coiffé en
pétard, comme toujours, ses tifs en cratère autour de sa vaste
calvitie précoce, comme s'il sortait de son lit. Pas un bavard celui
là. Une semaine avant, on avait percé ma poitrine, pour voir. « On
ne comprend rien » dit t'il, « c'est dans votre
cœur et ça a la forme d'une tête de taureau ». « Avec
les cornes? » J'ai demandé. « Avec les cornes ».
Il est reparti avec l'air emmerdé qu'il a toujours, mais un peu plus
emmerdé, ajoutant qu'il allait en parler à Bordeaux. J'étais bien
avancé. Ici, quand on ne sait pas, on en parle à Bordeaux.
Depuis que je suis à la
retraite, j'ai du mal à monter les escaliers, le souffle court
aussi. Alors, j’ai presque arrêté de fumer et fait construire un
agrandissement, chambre, salle de bains, toilettes, télé,
bibliothèque, bureau pour mon ordi, une manière de chambre
d' hôpital, plus spacieuse, une suite plutôt, car je n'ai
aucun soucis d'argent, très claire et ouverte sur les arbres du parc
que Maria aimait tant, par de vastes baies vitrées. Le bureau d'en
haut est fermé, ainsi que les chambres et les salles de bains.
Personne ne vient plus me voir, et je m'en fous. A l'exception de
Tonio et de Gina.
Ma fille fait sa vie en
Australie avec un abruti, incendié de la tignasse, bouffeur
d'aborigènes, de couilles d'agneau qu'il castre avec les dents, de
crocodiles et de kangourous. Elle dit que depuis que sa mère est
morte, elle ne peut plus venir ici, et puis, il y a MSN. Tu parles,
il y a quinze ans que Maria est morte et notre fille n'a même pas
pris la peine de venir, alors qu'elle fait ses courses à Londres. Le
flamboyant est du style propriétaire terrien opulent. Et comme il ne
m'a jamais invité, ni elle, il est vrai, je ne suis pas allé là
bas. J'aurais pu, mais je n'aime pas les mygales, elles me font peur,
tout comme les serpents, sans parler des crocodiles ni des requins.
J'aime encore moins sa grande gueule de « bushman ».
Donc, je regrette, sans plus; sans moins non plus, car elle ressemble
à Maria.
Ici, depuis quinze ans
aussi, Gina fait le ménage, tous les jours et prépare mes repas.
Elle ne prend jamais de vacances Gina, elle est seule, comme moi.
Alors, d'une certaine façon, chez moi, c'est chez elle. Toutes les
semaines, elle nettoie l'étage à fond, « pour que ça ne
s’abîme pas ». Quand je ne l'entends plus dans la chambre du
haut, je devine qu'elle regarde mes photos de torero. Celle de mon
toro de présentation de novillero à Madrid où on m'emporte à
l'infirmerie en toute hâte. Maravilla, il s'appelait ce toro! Une
« puerta gayola » et le toro en plein buffet. La
corne est passée près du cœur et s 'est promenée dans un
poumon. Ça la faisait pleurer Gina, de me voir les bras en croix,
dans mon beau costume. « Vous auriez pu mourir ».
J'aurais pu. Alors, nous faisions l'amour.
Après le coup de corne,
j'ai repris mes études de droit puis fait l'avocat, comme mon père
dont j'ai repris l'opulent cabinet. Une vie normale, très aisée de
notable du Sud Ouest, avec Maria, jusqu'à ce qu'elle me laisse, au
bord de la route, et que Gina me recueille. Je n'ai plus retouché
une cape, même pas en « tentadero ».
Tonio n'a plus ni père
ni mère. Il vit chez sa tante dans un campement de gens du voyage
comme on dit. « Je peux entrer? » m'avait t'il
dit un jour. Comme ça. Je lui ai dit "oui, si tu me piques rien".
Depuis, il vient tous les jours le Tonio, après l'école, les autres
jours aussi. C'est sur son chemin de vers nulle part. Gina lui donne
son goûter, puis il s'assied avec moi dans mon bureau du bas, parmi
les livres. Il réfléchit parfois intensément, et sa tête se fripe
comme un pruneau. Sa passion serait de voir mon coup de corne. « T'as
eu un trou ? » me dit t'il. Aujourd'hui il a ajouté:
« Je te dis Gina, elle ne dit que des conneries »,
comme pour se rassurer. Il me raconte aussi ses
histoires de 6éme, la prof de français qui l'emmerde, un gros tas
de Louis qui le traite de « gitous », et une
petite qu'il aimerait embrasser, mais elle l'évite. Elle est
« bourge » me dit t'il. Il a de bonnes notes
Tonio, pourtant je ne le vois jamais travailler, je paie sa cantine,
les fournitures scolaires et Gina s 'occupe de l'habiller, à
mes frais. On avait essayé de l'envoyer dans une espèce de colonie
de vacances, mais assez évoluée, Il ne voulait pas dormir dans le
dortoir. Ils l'ont retrouvé plusieurs nuits dormant sur la dune, et
nous l'ont renvoyé. Il me dit qu'il travaille la nuit dans la
caravane. En fait, je ne lui ai jamais rien demandé, c'est ainsi. Sa
tante le reprend vers 19 heures, quand elle rentre de la ville. Elle
siffle un bon coup, au portail, et n'a jamais voulu entrer. Tonio
avait dit, un jour, « elle picole tatie, parce qu'elle est
triste et ne sait pas lire ». Il ne sait pas encore que les
riches, qui savent lire picolent aussi, parce qu'ils peuvent être
aussi tristes, ou qu'ils s'ennuient, sans les soucis des pauvres.
Gina lui donne des provisions et souvent le repas du soir. Tonio, dit
« bon j'y vais. Qu'est ce que tu nous as fait à manger ce
soir Gina? ». Maria savait siffler aussi, très fort, bien
plus fort encore, elle avait appris ça au « campo »,
pour rappeler les chiens.
Depuis que les cornes ont
poussé, j'ai de très fortes quintes de toux, et parfois, le sang me
vient à la bouche. Alors je suis allé chez le notaire et ai réglé
mes affaires, comme on dit. Une pension pour Gina équivalente au
salaire que je lui verse, jusqu'à sa retraite, et le droit
d’occuper la maison et aussi de quoi surseoir aux besoins éducatifs
et autres du Tonio. J'ai aussi laissé une lettre d’explications
pour ma fille. Lorsque je suis rentré, j'étais soulagé. J'ai tout
expliqué à Gina, sans grandes précautions, comme toujours, où
trouver les papiers, surtout. Elle a pleuré. Alors je lui ai
demandé de rester cette nuit avec moi. Elle est maintenant un peu
grassouillette, mais son corps est soigné, tiède et doux et sent la
savonnette. Elle m'a pris dans ses bras et j'ai pleuré doucement, à
mon tour, avant de m'endormir.
Le matin, j'ai décidé
de partir. J'ai téléphoné à Javier, le père de Maria. « Bonjour
Javier, j'arrive ». « Tu es chez toi fils »,
il m'a dit, comme toujours. Chez moi, c'est chez Maria, dans le Campo
Charro, où Javier maintient toujours à grands frais une lignée de
toros dont les vedettes ne veulent pas. Il avait envisagé de
détruire son troupeau au profit d'un sang plus commercial. Maria lui
avait dit que s'il faisait cela, elle ne remettrait plus les pieds à
« Las Encinas ». C'était sûrement faux, mais il n'avait
pas voulu prendre le risque. Maria était son enfant unique et il
était veuf. Gina avait préparé ma valise, comme toujours avec des
« emmenez ceci, emmenez cela, il fait froid là bas ».
Avant je la laissais faire et partais avec 50 kilos de bagages quelle
que soit la durée du séjour. Je lui ai dit, je n'ai besoin de rien,
cette fois ci. Elle m'a accompagné jusqu'à la voiture, et m'a fait
un signe de la main lorsque j'ai démarré. Elle pleurait.
Il faudrait que je
demande à Javier, mais en fait, cela n'a plus la moindre importance,
comment, après mon bac, j'ai pu débarquer chez lui, pour une année
sabbatique. Mon père ne me l'a jamais dit, mais il avait arrangé
sûrement l'affaire pour me féliciter de mon beau succès. Le fait
est que j'avais débarqué au premier tentadero chez lui, dans une
tenue de campo parfaite, neuve de pied en cap, capes et muletas
flambant neuves et pliées. On aurait dit une "figurita" en visite.
Javier il m'avait dit," je peux te prêter une cape et une muleta qui
ont servi, et tu n'as pas un autre costume?" . Trois apprentis me
regardaient en rigolant, mais discrètement, on ne sait jamais.
J'avais bien vu qu'ils se foutaient de moi. Maria me faisait face, je
m'en souviens comme d'hier adossée à un burladero, contre une cape
complètement ruinée. Elle me regardait avec du rire dans ses yeux
de nuit. « Je vais arrêter la vache » avait
t'elle dit à Javier, et sans attendre la réponse, s'était placée.
Les vaches sortent ici
éperdues de colère, avec peu de volume, mais une fureur
impressionnante. Maria avait levé sa cape à deux mains, la
balançant de droite à gauche pour vérifier si la vache la voyait,
puis lui a donné une première passe vers l'extérieur, puis l'a
reprise, « heyyyyyyyyy vaquita » de cette façon
"campera", privilégiant l'efficacité et la mise à l'épreuve de
l'animal. Après une série nerveuse, testant chaque fois un coté de
l'animal, elle lui fit un "recorte" violent, pour l'arrêter.
Les flancs de la vache, éperdue de colère, battaient en soufflet; Maria reprenait son souffle aussi, la regardant immobile et
réajustant doucement sa prise de cape.
à suivre, un jour!
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